11/06/2026
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Chronique Eco —————————————————————————- L’IA : moteur de croissance, mais à quels coûts humain et énergétique ?

Par Anouar el Andaloussi

Oui, l’IA est un vrai moteur de croissance, mais pas magique, elle suppose quelques conditions de base. Elle agit sur 3 leviers économiques : l’amélioration de la Productivité, la création de nouveaux marchés et l’accélération de l’innovation.

Productivité : L’IA fait ce que les humains font lentement : sur la base de données collectées, faire un tri, croiser des données, rédiger des procédures, analyser le contexte et implémenter la procédure. McKinsey estime que l’IA générative peut automatiser 60-70% des tâches dans les métiers de bureau. Ça libère du temps pour du travail à plus forte valeur ajoutée. Les premières versions d’IA générative sont capables de faire ce travail à la place des hommes dans les domaines administratifs.

Création de nouveaux marchés : Comme Internet en 2000, l’IA crée de nouvelles activités, de nouvelles sociétés : agents IA, outils de génération vidéo, IA Médicale, IA Education, Machnine-Learning, iCloud… Le marché mondial de l’IA passerait de 200 Mds$ en 2023 à 1 800 Mds$ prévus en 2030.

Innovation plus rapide et plus fréquente : Pharma : découverte de médicaments 3 fois plus vite avec AlphaFold. Industrie : optimisation des chaînes logistiques. Énergie : prévision météo, gestion réseaux. L’IA compresse les cycles R&D. Aucun secteur ne peut échapper aux besoins d’innovation. Cette dernière est devenue le Facteur Clé de Succès dans toute compétitivité sur le marché.  

La croissance ne tombe pas toute seule, certains préalables sont nécessaires ; des gens bien formés pour l’IA, des données propres en volume, des process refondus, au-delà du copier-coller « ChatGPT » ou « Meta AI » ou un autre moteur.

Pour les processus administratifs répétitifs ou redondants comme la comptabilité ou la gestion des approvisionnements ou les études de marché … le gros levier c’est l’outsourcing pour les PME qui sautent des étapes : pas besoin de 5 comptables et 5 commerciaux si tu as un agent IA qui fait 70% du travail. Ensuite viennent d’autres activités ou professions comme beaucoup de fonctionnaires, les notaires, les journalistes, les traducteurs et même les diagnostics médicaux. L’intelligence artificielle est partout. Dans nos boîtes mail, nos logiciels de compta, nos chaînes de montage. La question n’est plus de savoir si l’IA sert, mais si elle fait vraiment croître une économie. La réponse est oui, mais à condition de changer plus que d’ajouter un Chatbot. Changer quoi ? les institutions, les réglementations, les systèmes relationnels et surtout comment contrôler les risques de dérives qui peuvent naître de ce mode de fonctionnement de l’économie et de la société et qui aura un impact sur la vie privée des personnes, l’éthique professionnelle, les valeurs morales… L’IA a besoin d’une régulation plus stricte que celle d’Internet ou des TIC, à la fois nationale et mondiale.

Un premier premier constat : l’IA agit là où c’est décisif pour l’économie, la productivité. Un analyste qui triait traite des milliers de fichiers en 10 heures le fait en 1 heure avec un agent bien paramétré. Un médecin qui relisait 50 pages d’IRM obtient un premier diagnostic en 30 secondes. McKinsey chiffre le gain potentiel à 60% des tâches de bureau automatisables. Quand le temps libéré est réinvesti dans de la création de valeur, le PIB bouge.

Un volet important est souvent ignoré dans les analyses sur les avantages et limites de l’IA, il s’agit de l’électricité. L’IA, à travers ses Data Centers, consomme beaucoup d’énergie électrique et beaucoup d’eau aussi. Aujourd’hui les localisations des Datacenters se font en fonction de la disponibilité et du coût de l’énergie, essentiellement.  Les pays qui attirent de grands volumes des investissements dans l’IA, venant principalement des grands acteurs comme Microsoft, Nvidia, Meta, Google (Gemini)… sont les pays à grand potentiel électrique (Ex. de la France qui a attiré de grands investissements (500 Mds de $) grâce à son potentiel électrique issu du nucléaire). La présente dans l’écosystème IA de talents est l’autre indicateur d’attractivité des investisseurs.

L’IA promet la croissance, mais elle redistribue de manière brutale les cartes. Il y aura des gagnants mais aussi des perdants. Deux variables sont à considérer : l’énergie et l’emploi. Dans un pays qui a un avantage comparatif comme l’énergie peut attirer les investissements et compenser largement la perte d’emplois dans les activités routinières et standards. Goldman Sachs estime à 300 Millions d’emplois exposés dans le monde.  Parallèlement de nouveaux métiers et de nouveaux emplois vont émerger autour de l’IA et de l’économie numérique.

L’Algérie, disposant de ces deux facteurs (énergie et talents dans l’IA), ne doit pas rater le train dans un secteur qui lui permettrait de rattraper le retard dans son développement économique et technologique.

ANOUAR EL ANDALOUSSI

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