10/06/2026
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Route transsaharienne : Une nouvelle étape vers un corridor économique africain intégré

Réunis à Alger à l’occasion de la 77e session du Comité de liaison de la Route transsaharienne (CLRT), les représentants des six pays membres ont dressé un bilan largement positif de l’avancement de ce projet continental majeur, tout en traçant les contours de sa future transformation en corridor économique intégré. C’est ce qu’a affirmé le secrétaire général du Comité, Mohamed Ould Mohamedi, lors de son intervention chez nos confrères de la radio nationale.

Plus de soixante ans après son lancement, la Route transsaharienne apparaît aujourd’hui comme l’un des projets d’infrastructures les plus ambitieux du continent africain. Initiée au lendemain des indépendances sous l’impulsion des institutions africaines, elle relie désormais l’Algérie, la Tunisie, le Mali, le Niger, le Nigeria et le Tchad à travers un réseau routier de près de 9.800 kilomètres.

Selon M. Ould Mohamedi, l’axe principal reliant Alger à Lagos est désormais quasiment achevé. En Algérie, la route est entièrement opérationnelle jusqu’à In Guezzam, à la frontière nigérienne. Des travaux de maintenance et de réhabilitation sont actuellement en cours afin de renforcer la qualité de cette infrastructure stratégique.

Au Niger, le dernier tronçon reliant la frontière algérienne à Assamaka est en phase avancée de réalisation et devrait être achevé avant la fin de l’année. Une fois ces travaux finalisés, la liaison continue entre Alger et Lagos sera pleinement opérationnelle. Du côté nigérian, les infrastructures routières sont déjà largement développées et répondent aux standards internationaux.

Les branches secondaires du réseau connaissent également des avancées significatives. La liaison Ghardaïa-Gabès est totalement fonctionnelle, tandis que la connexion entre Tamanrasset et Bamako nécessite encore la réalisation d’environ 400 kilomètres au Mali. Concernant la branche reliant le Niger au Tchad, plusieurs projets sont en cours, avec un soutien affirmé de l’Algérie pour accélérer la réalisation de certains tronçons stratégiques.

Mais au-delà de la simple dimension routière, les États membres ambitionnent désormais de faire évoluer la Transsaharienne vers un véritable corridor économique régional. « L’infrastructure est réalisée à plus de 90 %. L’enjeu aujourd’hui est de transformer cette route en un outil de développement économique et d’intégration régionale », a souligné le secrétaire général du CLRT.

Cette évolution s’appuie sur plusieurs études réalisées avec le concours de la Banque islamique de développement et de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED). Les conclusions de ces travaux ont mis en évidence la nécessité de renforcer la coordination entre les différents secteurs concernés : transports, commerce, douanes, logistique, finances et infrastructures.

L’objectif est de fluidifier les échanges commerciaux, d’harmoniser les réglementations et de réduire les délais de transit afin d’améliorer la compétitivité des échanges entre les pays traversés. Cette ambition revêt une importance particulière pour les pays enclavés comme le Mali, le Niger et le Tchad, qui pourraient bénéficier d’un accès plus rapide aux ports algériens de la Méditerranée.

Le responsable a également mis en avant les perspectives offertes par les projets complémentaires, notamment la route Tindouf-Zouerate vers la Mauritanie, le déploiement de la fibre optique ainsi que le futur prolongement du réseau ferroviaire vers le Grand Sud. Autant d’infrastructures appelées à renforcer l’attractivité économique des régions sahariennes et à stimuler les investissements privés.

La prochaine réunion du Comité de liaison devrait se tenir avant la fin de l’année à N’Djamena, au Tchad. Elle sera principalement consacrée à la mise en œuvre de la feuille de route visant à faire de la Transsaharienne non plus seulement une route, mais un véritable moteur de développement et d’intégration économique pour l’Afrique.

Par Réda Hadi

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