14/06/2026
ACTUALITENATIONAL

Contrôle des importations aux frontières: L’État renforce son dispositif

Dans le cadre de la nouvelle stratégie de régulation du commerce extérieur et de protection du marché national, les pouvoirs publics accélèrent la mise en place de mécanismes renforcés de contrôle des produits importés au niveau des différents points d’entrée du territoire. Cette démarche, qui s’inscrit dans l’application directe des instructions du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, vise à garantir la conformité des marchandises importées, à préserver la santé publique et à protéger l’économie nationale contre les risques liés à l’introduction de produits non conformes ou contrefaits.

C’est dans cette optique que la ministre du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national, Mme Amel Abdellatif, a présidé jeudi une importante séance de travail conjointe avec le ministre de la Santé, M. Mohamed Seddik Aït Messaoudene, et le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, M. Yacine El-Mahdi Oualid.

Cette rencontre, qui a réuni des représentants des principaux organismes nationaux concernés ainsi que des experts spécialisés, intervient à la suite des orientations définies lors du Conseil des ministres du 7 juin dernier. Les autorités entendent désormais mettre en œuvre un dispositif intégré de contrôle en amont afin d’empêcher l’entrée sur le territoire national de produits susceptibles de représenter un danger pour la santé des consommateurs ou de porter atteinte à l’économie du pays.

À cet effet, un groupe de travail technique intersectoriel a été officiellement installé. Sa mission consiste à élaborer les mécanismes opérationnels nécessaires à l’application des nouvelles directives gouvernementales et à coordonner l’action des différents intervenants chargés du contrôle des marchandises importées.

L’une des mesures phares adoptées lors de cette réunion concerne la création de laboratoires spécialisés de contrôle de conformité au niveau des ports, des aéroports et des postes frontaliers terrestres. Ces structures seront équipées d’instruments scientifiques modernes et de technologies de pointe permettant d’effectuer des analyses rapides et précises sur les produits importés avant leur mise en circulation sur le marché national.

Cette nouvelle approche marque un changement important dans la politique de contrôle des importations. Jusqu’à présent, de nombreux produits étaient soumis à des vérifications après leur introduction sur le marché, ce qui pouvait engendrer des difficultés pour les commerçants et compliquer les opérations de retrait en cas de non-conformité. Désormais, l’objectif est de déplacer le contrôle vers les frontières afin de filtrer les marchandises dès leur arrivée sur le territoire.

Les pouvoirs publics prévoient également un renforcement de la coordination entre les services des douanes, les organismes de contrôle de la qualité, les services vétérinaires et phytosanitaires, les laboratoires spécialisés ainsi que les différentes administrations concernées. Cette coopération permettra de réduire les délais de traitement tout en garantissant un niveau élevé de sécurité et de traçabilité des produits.

Par ailleurs, les nouvelles dispositions devraient contribuer à lutter plus efficacement contre les pratiques frauduleuses, notamment l’importation de produits contrefaits, périmés ou ne répondant pas aux normes techniques et sanitaires en vigueur en Algérie. Elles s’inscrivent également dans une démarche plus large visant à encourager la consommation de produits conformes aux standards nationaux et internationaux.

Réagissant à cette décision, le président de l’Association nationale des commerçants et artisans (ANCA), Hadj Tahar Boulenouar, a salué une mesure qu’il considère comme essentielle pour la protection du marché national et des consommateurs.

Selon lui, le renforcement des mécanismes de contrôle des produits et marchandises importés ainsi que la consolidation des capacités des laboratoires au niveau des ports, des aéroports et des postes frontaliers permettront d’empêcher l’entrée de produits non conformes ou impropres à la consommation. Une démarche qui contribuera directement à préserver la santé des citoyens et à renforcer la confiance dans les produits commercialisés sur le marché national.

M. Boulenouar a également souligné que ces nouvelles mesures devraient alléger les contraintes pesant sur les commerçants. Il a rappelé que de nombreux opérateurs se retrouvaient parfois confrontés à des sanctions ou à la saisie de marchandises acquises légalement auprès d’importateurs agréés, lorsque des défauts de conformité étaient constatés après leur mise sur le marché. Avec le renforcement du contrôle préalable aux frontières, la responsabilité de l’admission et de la conformité des produits incombera davantage aux services compétents chargés des vérifications à l’entrée du territoire.

Le président de l’ANCA a par ailleurs réaffirmé le droit souverain de l’Algérie à adopter des normes nationales complémentaires aux standards internationaux afin de protéger son économie, de préserver la santé de ses citoyens et de défendre ses intérêts stratégiques. Il a appelé l’ensemble des acteurs des réseaux de distribution, notamment les importateurs, les grossistes et les détaillants, à respecter rigoureusement la législation commerciale et à veiller à la qualité des produits mis sur le marché.

Enfin, Hadj Tahar Boulenouar a invité les producteurs et industriels algériens à tirer profit de cette dynamique en améliorant davantage la qualité de leurs produits, en assurant une offre suffisante et en proposant des prix compétitifs afin de renforcer l’attractivité du produit national auprès des consommateurs. Selon lui, la réussite de cette politique repose autant sur le contrôle des importations que sur la capacité de l’industrie nationale à répondre efficacement aux attentes du marché.

Par Réda Hadi

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