01/03/2024
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Exploration gazière: Sonatrach vise une production de 150 milliards m3

Notre fleuron national s’est fixé comme but d’être non seulement un fournisseur fiable, mais aussi un acteur incontournable dans la politique gazière mondiale.  En effet, l’Algérie a réussi à bâtir une industrie gazière parmi les plus développées dans le monde, grâce aux importantes réserves existantes et aux projets d’investissement colossaux consentis. A ce sujet, M. Youcef Khanfar, directeur central des Ressources nouvelles à la Sonatrach, qui s’exprimait chez nos confrères de la Radio nationale, affirme que la partie la plus importante dans le secteur des hydrocarbures reste l’activité Amont, c’est-à-dire l’exploration et le développement.

Ce même responsable a surtout expliqué que la Sonatrach s’inscrit avant tout dans la stratégie mondiale du gaz. Et partant de là, du fait que la demande mondiale, devrait augmenter d’un peu plus de 1 %, la politique gazière du groupe se focalise sur le travail en amont qui est créateur de valeur et de pérennité. Or pour lui, si la production est le socle des activités de la Sonatrach, les activités en amont telles que la recherche et la découverte de nouveaux gisements sont essentielles.

A cet égard, M Khanfar explique à nos confrères, qu’il faut rechercher de nouveaux gisements pour, au moins, maintenir le même niveau de production, mais surtout répondre aux besoins allant crescendo, et que cela demeure un challenge majeur. Pour cela, « Sonatrach prévoit d’investir 50 milliards de dollars, entre 2024 et 2028, dont 70% vont à l’activité amont, soit 36 milliards de dollars», a-t-il ajouté.

Pour ce responsable, pour mieux s’affirmer sur la scène internationale, il faut développer les gisements actuellement exploités et en trouver d’autres. Et de préciser surtout, qu’en la matière l’Algérie a su se développer dans les géosciences, et s’adapter aux nouvelles techniques. 

Par ailleurs, il a expliqué que Sonatrach a effectué 163 forages avec 80 découvertes en cinq ans. « La moyenne de production de gaz brut en Algérie est de 130 milliards de mètres cubes annuellement et notre challenge est de maintenir ce niveau au-delà de 2030, non seulement pour répondre aux besoins de la consommation en interne, mais aussi se maintenir sur le marché gazier international en tant que fournisseur fiable, notamment envers notre marché traditionnel, l’Europe et pourquoi pas au-delà ».  A ce titre, « il a été effectué 163 forages durant les cinq dernières années donnant lieu à 80 découvertes, soit un taux de réussite de près de 50% ». 

Des sources de ce groupe, nous ont confirmé que dans l’Amont, Sonatrach opère, en effort propre ou en partenariat avec des compagnies pétrolières étrangères, des gisements parmi les plus importants du monde dans différentes régions du Sahara algérien : Hassi Messaoud, HassiR’Mel, HassiBerkine, Ourhoud, Tin FouyéTabankort, RhourdeNouss, In Salah et In Amenas.

Ces mêmes sources nous précisent que le plan ambitieux d’investissement de Sonatrach prévoit donc de consacrer 36 milliards de dollars à l’exploration et à la production, 8 milliards de dollars à la transformation, 4 milliards de dollars aux infrastructures et 2 milliards de dollars à la recherche et au développement.

Cette enveloppe permettra à Sonatrach de poursuivre son exploration dans les bassins pétroliers et gaziers algériens Il permettra également à la compagnie de moderniser ses installations de production et de transformation, et de développer de nouvelles technologies.

L’intervenant a aussi  précisé que «l’Algérie est positionnée comme le plus grand fournisseur de gaz naturel dans le bassin méditerranéen et en Afrique» et qu’elle compte «le rester à travers l’exploration de nouveaux gisements et l’amélioration de la production des gisements en développement».

A ce propos, il a assuré que les efforts fournis en matière d’amélioration de la production des gisements avait donné ses fruits, notamment avec l’augmentation de plus de 4 milliards de m3 de gaz durant l’année 2022. «On souhaite aller vers plus de 10 milliards m3 entre 2024-2028 dans l’amélioration de la production des gisements en développement», a-t-il encore fait savoir, tout en rappelant que l’objectif de Sonatrach visait à répondre à la demande nationale en hausse, selon lui, de 3 à 5% par an et qui devrait dépasser les 60 milliards m3 à partir de 2030.

S’agissant de l’exploration à l’international, la compagnie nationale des hydrocarbures, qui est présente dans plusieurs pays de la région du Sahel, se focalise beaucoup plus sur la Libye et le Niger, où elle avait obtenu des concessions, a fait savoir M. Khanfar, précisant que Sonatrach a réalisé des découvertes « intéressantes » dans ces deux pays et envisageait de poursuivre l’exploration de nouveaux gisements.

Évoquant la production gazière, il a affirmé que « l’Algérie pourrait atteindre les 150 milliards de m3 de production brute de gaz à l’horizon 2025, si tous les gisements en production aujourd’hui et ceux en développement sont bien exploités». Dans ce contexte, il a ajouté que la moyenne de la production gazière globale actuelle, est autour de 130 milliards m3 par an. «Notre challenge est de maintenir cette moyenne de production au-delà de 2030. Cette production va nous permettre de répondre à la demande du marché national et de garder nos exportations autour de 50 milliards m3 vers le marché historique qui est l’Europe et d’aller vers d’autres marchés», a-t-il conclut.

Par Réda Hadi

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