Georg Felsheim, ambassadeur d’Allemagne à Alger: « Nos relations sont anciennes et particulièrement solides»
La visite d’État du président Abdelmadjid Tebboune à Berlin, ce mercredi, devrait ouvrir la voie à de nouveaux partenariats industriels et technologiques, tout en consolidant une coopération économique appelée à prendre une dimension encore plus importante dans les années à venir. Les deux pays affichent leur volonté de renforcer un partenariat déjà solide, fondé sur les investissements industriels, la transition énergétique et la diversification de l’économie algérienne.
La dimension économique constituera l’un des principaux temps forts de cette visite. Selon l’ambassadeur d’Allemagne à Alger, Georg Felsheim, le président Tebboune sera accompagné d’une délégation de plus de cent entreprises algériennes, venues explorer de nouvelles opportunités de coopération avec leurs homologues allemandes. Cette importante mobilisation du monde des affaires traduit l’ambition commune de développer des partenariats durables dans plusieurs secteurs stratégiques.
« Le président sera accompagné de plus de cent entreprises algériennes », a indiqué Georg Felsheim lors de son intervention sur la chaîne « One TV », soulignant que cette présence exceptionnelle illustre la volonté des deux pays de donner un nouvel élan à leurs échanges économiques et industriels. L’ambassadeur a également rappelé que l’Allemagne avait été la première destination étrangère du président Tebboune après son élection en 2019.
« Cela montre que nos relations sont anciennes et particulièrement solides », a-t-il affirmé, estimant que cette nouvelle visite à Berlin constitue une illustration supplémentaire de la confiance politique qui unit les deux capitales. La coopération énergétique occupe une place centrale dans ce rapprochement, notamment à travers le projet South H2 Corridor, destiné à acheminer de l’hydrogène vert produit en Afrique du Nord vers l’Europe.
Considéré comme l’un des projets les plus structurants des relations entre Alger et Berlin, il bénéficie, selon l’ambassadeur, d’un soutien total de l’Allemagne. « Nous soutenons ce projet à cent pour cent », a déclaré Georg Felsheim, ajoutant que la visite présidentielle devrait permettre de lui donner « un coup d’accélérateur ». Pour Berlin, l’Algérie dispose d’atouts majeurs pour accompagner la transition énergétique européenne grâce à sa proximité géographique avec le continent européen, à ses infrastructures gazières déjà opérationnelles et à son important potentiel en énergies renouvelables, autant d’éléments favorables au développement d’une véritable filière de l’hydrogène vert.
Parallèlement à cette coopération énergétique, les autorités allemandes souhaitent étendre leur partenariat à d’autres secteurs industriels. L’ambassadeur a évoqué l’intérêt croissant des entreprises allemandes pour la santé, l’industrie pharmaceutique, l’agriculture et les technologies. À ce titre, il a cité le récent partenariat conclu entre le laboratoire allemand Boehringer Ingelheim et le groupe public Saidal pour la production de médicaments destinés au traitement des maladies pulmonaires, qu’il considère comme un exemple concret du potentiel de complémentarité entre les deux économies.
Georg Felsheim a également rappelé que l’Allemagne peut s’appuyer sur une présence industrielle ancienne en Algérie. Il a notamment cité l’exemple de Siemens, implantée dans le pays depuis 1960 et restée présente même durant les années de terrorisme, preuve, selon lui, de la confiance durable des industriels allemands dans le marché algérien.
Interrogé sur les attentes des investisseurs étrangers, l’ambassadeur a insisté sur la nécessité de disposer d’un environnement économique stable et prévisible. Les entreprises, a-t-il expliqué, attachent une importance particulière à la sécurité juridique des investissements ainsi qu’à la fluidité des opérations commerciales.
Par Selma R.
