21/04/2024
ACTU

Huile d’olive: Les propositions de CARE

Il est temps que notre pays prenne vraiment à cœur l’objectif de sécurité alimentaire, qu’il exploite plus sérieusement son potentiel agricole et qu’il cesse d’adosser l’approvisionnement de la population en biens de première nécessité aux seules sources de l’importation.

Durant les 11 mois de 2022, un montant de 108 milliards de DA consacrés par le Trésor public soutien du prix de l’huile de table. Sachant que la consommation nationale est estimée à quelque 600 000 tonnes en moyenne annuelle, on en déduit que pour chaque litre d’huile de table consommée en Algérie, l’Etat débourse un montant de 196 DA, soit 150% du prix acquitté par le consommateur.

C’est pourquoi CARE exprime le souhait que ces programmes en cours de soutien à la production locale prennent en compte le développement d’un autre produit local par excellence, à savoir l’huile d’olive. Le défi est immense. Dans son analyse, le think tank précise que «la production d’huile d’olive est relativement connue et maîtrisée depuis longtemps, même si elle a besoin d’être mieux soutenue, modernisée et développée, à une échelle plus large que celle qu’elle occupe actuellement ».

Même si aucune autre solution ne devrait être écartée, souligne Care dans un document posté sur son site officiel, il est certain que «la relance de la production d’huile d’olive est nettement plus simple et moins coûteuse que celle du soja, du tournesol, du colza ou des autres spéculations concurrentes ».

Le développement de la production d’huile d’olive est « la voie la plus aisée pour réduire la dépendance extérieure sur ce volet particulier des importations agricoles ».

En termes de chiffres, le document précise que la consommation nationale d’huile d’olive «est de l’ordre de 1 à 2 Litres/Habitant/an, tandis que celle des autres huiles raffinées est de 13 à 14 Litres/Habitant/an. Sa part actuelle du marché est ainsi de 6,5%.

Sans prétendre à la comparaison avec un pays comme l’Espagne (il est vrai, premier producteur mondial) où elle est de 65%, il semble raisonnable de penser que celle-ci pourrait faire l’objet d’un programme sérieux de relance de nature à la faire croitre considérablement, dans une perspective de moyen terme».

Aussi, l’huile d’olive est «reconnue comme étant bénéfique au plan sanitaire. Sa consommation régulière contribue notamment à la réduction des risques liés aux maladies cardio-vasculaires, véritable fléau de santé publique ».

Par ailleurs, Care relève que, dans les conditions du système des prix actuels, «l’huile d’olive est loin d’être compétitive sur le marché national aussi bien que sur les marchés internationaux.

Pour mieux structurer cette filière, notre pays, argumente Care,  « gagnerait à s’inspirer du modèle européen pour l’adapter et mettre sur pied son propre programme d’action en vue de développer et promouvoir une filière solide de production d’huile d’olive ».

Ce programme d’action serait complémentaire de celui déjà en cours en vue de développer des cultures telles que soja, tournesol ou colza (pour le cas des intrants de l’huile de table), ou de toutes les autres cultures entrant dans le cadre des objectifs de la politique de sécurité alimentaire que les autorités entendent conduire à bien.

Il importe néanmoins de souligner que la mise en œuvre de cette politique implique à la base de commencer à donner une suite concrète au projet de réforme du système national de subventions, un projet dont on rappellera qu’il figure en bonne place dans le programme du gouvernement actuel qui le considère à juste titre comme un élément essentiel d’une « gestion efficace et transparente des finances publiques ».

 Les 108 Mds de DA que notre pays aura dépensés pour les onze premiers mois de l’année 2022 afin de soutenir le prix au consommateur d’une huile de table dont les intrants principaux sont importés, auraient été nettement plus utiles s’ils avaient servi au financement de la production et de la consommation nationale d’huile d’olive, conclut-il.

Sirine R.

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