29/06/2026
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Hydraulique: Les grands chantiers dévoilés

Face aux effets du changement climatique et à l’augmentation continue des besoins en eau potable, agricoles et industriels, l’Algérie accélère la transformation de son modèle de gestion de la ressource. Invité de l’émission « Forum El Oula » de la « Chaîne I » de la Radio nationale, le ministre de l’Hydraulique, Lounès Bouzegza, a présenté les principaux chantiers engagés pour renforcer durablement l’approvisionnement en eau et moderniser la gouvernance du secteur.

Cette stratégie repose sur la diversification des sources d’approvisionnement afin de réduire la dépendance aux ressources conventionnelles, de plus en plus affectées par les changements climatiques. Le gouvernement mise ainsi sur des infrastructures structurantes capables de garantir un approvisionnement durable aussi bien pour les ménages que pour les activités économiques. Dans cette perspective, le ministre a rappelé que le dessalement de l’eau de mer constitue désormais un pilier de la stratégie nationale de sécurité hydraulique.

« Le dessalement est devenu une solution stratégique et durable pour garantir la sécurité hydrique de notre pays », a-t-il affirmé, précisant que les 19 stations actuellement en exploitation produisent près de 3,8 millions de mètres cubes par jour, soit plus de 40 % de l’eau distribuée à la population. Cette capacité continuera de s’étendre grâce aux grands projets de transfert destinés à alimenter non seulement les wilayas côtières, mais également plusieurs régions de l’intérieur situées jusqu’à 250 kilomètres du littoral.

Le ministre a également mis en avant les efforts engagés pour assurer un approvisionnement régulier durant la saison estivale, période marquée par une forte hausse de la consommation. Profitant d’une pluviométrie favorable cette année, le ministère a considérablement augmenté les volumes mobilisés à partir des barrages.

L’exemple du barrage de Koudiat Acerdoune illustre cette évolution : son niveau est passé de moins de trois millions à 136 millions de mètres cubes, permettant de porter les volumes distribués de 85 000 à 200 000 mètres cubes par jour. En parallèle, un vaste programme de réalisation de forages, de réservoirs et de renforcement des réseaux est déployé afin d’améliorer l’alimentation des communes, des villages et des zones enclavées.

« Nous avons installé des cellules de vigilance avec les walis afin d’assurer un suivi quotidien de la distribution durant toute la période estivale », a indiqué le ministre, tout en soulignant que les éventuelles interruptions liées aux opérations de maintenance feront désormais l’objet d’une information préalable des citoyens.

Parallèlement à ces actions, le département de l’Hydraulique prépare une profonde réforme de la gouvernance du secteur. L’objectif est de passer d’une gestion classique à une gestion intelligente reposant sur la télégestion, les compteurs intelligents et une intervention plus rapide sur les réseaux. Cette modernisation vise notamment à réduire les pertes d’eau, estimées à près de 40 % de la production, en raison des fuites et des raccordements illicites. « La ressource est aujourd’hui largement mobilisée ; le défi est désormais d’assurer une distribution plus efficace, plus équitable et mieux maîtrisée », a expliqué Lounès Bouzegza.

Le ministre a également mis en avant les programmes spécifiques engagés dans plusieurs wilayas, notamment Tindouf, Khenchela, Djelfa et Tissemsilt, qui bénéficient d’investissements destinés à renforcer leur sécurité hydrique et à accompagner leur développement agricole et industriel. Dans le Grand Sud, plusieurs projets structurants de transfert d’eau sont en cours, notamment à Béchar, Tamanrasset ainsi qu’au profit de Bordj Badji Mokhtar et Timiaouine, afin de soutenir l’essor des grands périmètres agricoles et des nouveaux projets industriels.

La valorisation des eaux usées épurées figure également parmi les priorités de la feuille de route du secteur. L’Algérie exploite actuellement 78 stations d’épuration et prévoit la mise en service de 26 nouvelles installations d’ici la fin de l’année. L’objectif est d’accroître significativement la réutilisation de cette ressource pour l’irrigation agricole et l’arrosage des espaces verts, conformément aux principes de l’économie circulaire.

Enfin, Lounès Bouzegza a insisté sur le concept de « solidarité hydraulique », fondé sur l’interconnexion des barrages et des réseaux de transfert afin d’acheminer l’eau des zones excédentaires vers les régions déficitaires. Avec 82 barrages en exploitation et plusieurs autres en voie d’achèvement, cette approche doit permettre d’optimiser la mobilisation des ressources à l’échelle nationale et de renforcer durablement la résilience hydraulique du pays face aux défis climatiques.

Par Selma R.

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