28/06/2026
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Lutte contre les drogues: L’Algérie renforce son dispositif de riposte

La lutte contre les drogues est désormais érigée au rang de priorité stratégique nationale. À l’occasion de la Journée internationale contre l’abus et le trafic illicite des drogues, célébrée sous le haut patronage du président de la République et placée cette année sous le thème « Le problème mondial de la drogue : défis persistants, enjeux émergents et réponses précoces », le Premier ministre a réaffirmé la détermination de l’État à mener une bataille sans relâche contre un phénomène qui ne relève plus uniquement de la santé publique, mais constitue désormais un véritable enjeu de sécurité nationale, de stabilité sociale et de développement économique.

Dans son allocution d’ouverture, le Premier ministre a rappelé que les drogues et les substances psychotropes représentent aujourd’hui l’une des plus graves menaces auxquelles sont confrontées les sociétés contemporaines. Leur impact dépasse largement les conséquences sanitaires puisqu’elles alimentent les réseaux de criminalité organisée, fragilisent les institutions, favorisent la violence et compromettent les perspectives de développement. Elles affectent avant tout le capital humain, en particulier la jeunesse, considérée comme la première richesse du pays.

Cette vision stratégique repose sur les orientations du président de la République, qui a fait de la lutte contre les stupéfiants un axe majeur de la politique publique. L’objectif consiste à bâtir une réponse globale, dépassant la seule dimension sécuritaire pour englober la prévention, la sensibilisation, l’éducation, la prise en charge sanitaire, la réinsertion sociale des personnes dépendantes ainsi que le démantèlement des réseaux criminels.

Selon le Premier ministre, la complexité du phénomène impose une mobilisation générale de l’ensemble des institutions de l’État, des collectivités locales, des établissements scolaires et universitaires, des médias, des associations, des familles et de tous les citoyens.

La prévention devient ainsi un devoir collectif destiné à protéger les générations futures contre un danger qui menace directement la cohésion nationale.

Cette orientation trouve sa traduction concrète dans la Stratégie nationale de prévention contre les drogues et les substances psychotropes pour la période 2025-2029. Entrée en vigueur il y a une année, cette stratégie repose sur une approche multidimensionnelle articulée autour de quatre grands axes : la prévention, le traitement, la répression et la coopération internationale.

Le Premier ministre a également rappelé que cette stratégie s’inscrit dans un important chantier de modernisation du cadre législatif. La récente réforme de la loi relative à la prévention et à la répression des drogues constitue, selon lui, un tournant majeur dans la politique pénale nationale. Les nouvelles dispositions introduisent des incriminations inédites adaptées à l’évolution des réseaux criminels, renforcent les mécanismes de confiscation des avoirs issus du trafic, durcissent les sanctions contre les trafiquants de drogues dures et aggravent les poursuites lorsqu’une infraction est commise sous l’effet de substances psychotropes.

L’objectif n’est plus seulement de poursuivre les auteurs après la commission des faits, mais d’agir en amont en démantelant les organisations criminelles, en coupant leurs ressources financières et en protégeant les jeunes contre les stratégies de recrutement déployées par les trafiquants.

Saisie de 37,239 tonnes de cannabis en 2025

Pour illustrer l’ampleur du phénomène, le directeur général de l’Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie, Tarek Kour, a présenté un bilan détaillé de l’année 2025. Les chiffres dévoilés témoignent de l’intensification des opérations menées sur le terrain par les différents services de sécurité.

Au cours de l’année écoulée, les services compétents ont procédé à la saisie de 37,239 tonnes de cannabis, confirmant que cette substance demeure la drogue la plus largement diffusée sur le territoire national. Les opérations ont également permis de récupérer 1 461,905 kilogrammes de cocaïne, révélant l’importance croissante des circuits internationaux de trafic qui transitent par la région.

Les autorités ont également saisi 2,037 kilogrammes d’héroïne, ainsi que 43 413 420 comprimés de substances psychotropes, un chiffre particulièrement préoccupant en raison de la progression rapide de ces produits auprès des jeunes consommateurs.

L’analyse détaillée de ces saisies montre que le Prégabaline représente désormais la substance psychotrope la plus répandue. Les services de sécurité ont intercepté 36 349 311 comprimés, soit 83,73 % de l’ensemble des psychotropes saisis durant l’année 2025. L’ecstasy occupe la deuxième position avec 4 366 731 comprimés, représentant 10,06 % des saisies, ce qui confirme l’émergence de nouvelles formes de consommation, notamment dans les milieux urbains. Selon le même responsable, au total, 143 968 affaires liées aux drogues et aux substances psychotropes ont été traitées durant l’année 2025.

Parmi elles figurent 71 546 affaires liées au cannabis, 66 839 concernant les psychotropes et 2 282 dossiers relatifs à la cocaïne. Pour les autorités, ces chiffres démontrent non seulement l’activité intense des services de police, de gendarmerie, des douanes et de la justice, mais également la diversification des réseaux criminels qui adaptent continuellement leurs modes opératoires.

Le Premier ministre a néanmoins insisté sur un point essentiel : ces statistiques ne doivent pas être interprétées uniquement comme le reflet de l’efficacité des opérations de saisie. Elles constituent aussi un indicateur de l’évolution d’une menace devenue multidimensionnelle.

Une année après le lancement de la stratégie nationale, le bilan présenté par Tarek Kour met en évidence des résultats significatifs en matière de prévention. La grande caravane nationale de sensibilisation a parcouru 17 wilayas et visité 390 établissements scolaires, permettant de toucher directement 265 199 élèves et étudiants.

L’Office national de lutte contre la drogue a également développé les « tribunes libres » de prévention, organisées dans 50 wilayas, qui ont permis de sensibiliser plus de 10 000 adolescents, en les associant directement aux campagnes de prévention et en faisant d’eux des relais de sensibilisation auprès de leurs camarades. La prévention s’est également appuyée sur les espaces religieux, les établissements d’enseignement, les structures de jeunesse ainsi que les associations locales afin de diffuser un message de vigilance et de responsabilité collective.

Par Réda Hadi

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