06/04/2025
NATIONAL

Sécurité alimentaire: Assurer d’abord la sécurité hydrique

L’Algérie qui veut assurer sa sécurité alimentaire est appelée d’abord à assurer sa sécurité hydrique, a recommandé, l’expert en agriculture, Laâla Boukhelfa. Indiquant que l’année céréaliculture de 2023 est compromise dans le Nord du pays, notamment dans les régions de l’Ouest, l’intervenant a appelé les pouvoirs publics de se préparer dès maintenant pour la saison prochaine.

A cet effet, recommande-t-il, il y a lieu de lancer des investissements dans la réalisation de nouvelles stations de dessalement de l’eau de mer, d’entamer l’exploitation de la nappe phréatique et construire des retenues collinaires d’eau. Pour lui, «il n’y a pas d’autres solutions alternatives à ces trois propositions pour faire face au phénomène des changements climatiques et à la sécheresse».

S’agissant de la nappe phréatique, l’expert agronome s’est interrogé sur l’attitude des pouvoirs publics qui s’opposent jusqu’à présent pour son exploitation, sous prétexte de la réserver pour les générations futures ! « Les tunisiens et libyens sont entrain de l’exploiter et nous en Algérie on décide le contraire. Si on est d’une situation confortable, on peut la réservé pour les générations futures, mais la donne est différente maintenant et notre survie est en jeu, d’une part. D’autre part, des experts ont confirmé que l’eau de cette nappe est renouvelable. Donc, il n’y a aucun problème dans ce sens, d’autant plus que la durée de l’exploitation de la nappe peut aller jusqu’à 5000 ans», détaille-t-il.

La généralisation du système d’irrigation d’appoint s’impose, dira-t-il encore. Ce système, poursuit-il,  nous permettra la récupération de 30% des eaux utilisées dans l’irrigation actuellement. Il est à noter que 70% de nos ressources en eau sont destinées à l’agriculture, 20 % pour les autres activités notamment industrielles et 10% pour la consommation des personnes. « Donc, si on met le paquet sur la part réservé à l’agriculture qui est de l’ordre  70% on récupère 35%. C’est beaucoup. Il faut passer à l’irrigation intelligente et économique», recommande-t-il.

Questionné sur les catégories de céréaliculteurs existants en Algérie, l’expert a fait savoir que « nous avons trois types de céréaliculteurs. Il y a ceux qui comptent uniquement sur les pluies, dont la saison est ratée. C’est le cas de Tiaret  et pratiquement toutes les wilayas de l’Ouest du pays. La deuxième catégorie, c’est les agriculteurs qui comptent sur les précipitations de pluie et l’irrigation d’appoint (complémentaire).  Pour ces derniers, il y a possibilité de sauver quelque chose de la saison.

Quant à la troisième catégorie, c’est les céréaliculteurs du Sahara. Pour ces derniers, il n’y a aucun problème. Malheureusement la part de contribution de cette agriculture est minime part rapport aux autres régions».

Sur ce point, l’agronome a soutenu que « pour assurer notre sécurité alimentaire, on doit accès nos efforts sur le Sud, puisque c’est ici quant peut avoir des rendements important jusqu’à 80 quintaux/ha, alors que la moyenne nationale est de 17 quintaux/ha. Cette année ça sera entre 5 à 10 quintaux/ha! C’est une année exceptionnel».

Notre interlocuteur a plaidé pour la création d’un groupe du travail pour pencher sur la question de manque de précipitation et de pluies dans le Centre et l’Ouest du pays. « On doit faire un diagnostic profond pour connaitre les causes et en suite faire des propositions. Actuellement, nous sommes entrain de jouer le rôle d’un pompier, en réagissant juste en moment de sinistre. Il faut qu’on abandonne ces  pratiques. Je propose dans ce cadre de créer un groupe du travail pour pencher sur cette question et connaitre les véritables raisons de manques de précipitations dans ces zones».

Dans l’ouest du pays, l’agronome a recommandé de lancer de vastes opérations de plantations et de reboisement, de construire des retenues collinaires, de réaliser des stations de dessalement de l’eau de mer». Pour l’année prochaine, Laâla Boukhalfa a affirmé qu’ «il ne faut pas procéder à l’emblavement des terres, si nous n’avons pas régler le problème d’eau, puisque nous n’avons pas de garanties qu’il y aura de pluie». Sur un autre registre, l’intervenant a fait savoir que 95% des agriculteurs ne sont pas assurés.  Donc, l’indemnisation des fellahs sera sur le dos de l’Etat. Sur ce point, l’agronome a préconisé d’imposer aux agriculteurs des contrats d’assurances, notamment pour les bénéficiaires de crédits et autres aides de l’Etat. « Il faut conditionner l’octroi de crédits et aides (engrais, système de goutte à goutte, intrants)  par l’adhésion de l’agriculteur au système d’assurance», conclut-il.

Par Zahir R

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