29/08/2026
A LA UNENATIONAL

Après le drame des feux de forêt à Jijel, Béjaïa, Tizi Ouzou, Skikda… Les Algériens se mobilisent

Le Nord et l’Est du pays viennent de traverser l’une des épreuves les plus dures de ces dernières années. Des feux de forêt d’une violence inhabituelle ont ravagé plusieurs wilayas, dont Jijel, Béjaïa, Tizi Ouzou et Skikda, faisant plusieurs morts et laissant derrière eux des paysages calcinés et des familles endeuillées. Face à l’ampleur du drame, le président Abdelmadjid Tebboune a décrété un deuil national de trois jours. Mais cette catastrophe a également révélé une chaîne de solidarité exceptionnelle, où l’État, les institutions, le peuple, les associations et les opérateurs économiques se sont mobilisés d’un seul élan pour porter secours aux sinistrés et amorcer la reconstruction.

Tout a commencé, mercredi après-midi, dans des conditions climatiques extrêmes. Des températures très élevées, conjuguées à des vents violents soufflant entre 80 et 100 km/h, ont transformé plusieurs massifs forestiers en un brasier incontrôlable en quelques heures à peine. À Jijel et Béjaïa, la nuit a été particulièrement infernale. Les turbulences, l’épaisse fumée et la visibilité quasi nulle ont rendu impossible tout engagement des moyens aériens pendant plusieurs heures. Sur le terrain, le combat s’est donc joué au sol, mené sans relâche par les pompiers, l’Armée nationale populaire, la Gendarmerie nationale, les agents forestiers et de nombreux citoyens venus prêter main forte, souvent au péril de leur propre vie. Le bilan de cette nuit reste lourd : douze morts et des dizaines de blessés, dont plusieurs grands brûlés. Des habitations entières sont parties en fumée, tout comme des vergers, du bétail et des lignes électriques, laissant des familles sans toit ni ressources du jour au lendemain. Ce n’est qu’avec l’amélioration progressive des conditions météorologiques que les avions bombardiers d’eau et les hélicoptères ont pu reprendre leurs largages. Plus de 70 % des foyers ont ainsi pu être maîtrisés, avant que les principaux incendies ne soient progressivement éteints.

Dès l’annonce du drame, le président de la République a adressé un message de condoléances aux familles des victimes, exprimant la compassion de la nation tout entière. Sur le terrain, la présence gouvernementale s’est faite immédiate. Le Premier ministre Sifi Ghrieb s’est déplacé à Jijel, accompagné du ministre de l’Intérieur Saïd Sayoud, du ministre de la Santé M. Aït Messaoudene et du ministre de la Solidarité S. Mouloudji. Ensemble, ils ont visité les blessés hospitalisés à Souk El Tenine, El Milia, Taher et Jijel, tandis que les cas les plus graves, notamment les grands brûlés, étaient évacués par hélicoptère vers l’Hôpital spécialisé de Zéralda, à Alger.

Le Premier ministre a également tenu à être présent aux funérailles des victimes à Djemaâ Beni Habibi, dans la wilaya de Jijel, geste fort de solidarité nationale.

Sur instructions présidentielles, une prise en charge totale des sinistrés a été engagée : indemnisation, relogement d’urgence, suivi médical et accompagnement psychosocial, ainsi qu’un engagement ferme en faveur du reboisement futur des montagnes dévastées. Sur le plan de la transparence, le ministre de l’Intérieur a annoncé l’ouverture d’enquêtes approfondies afin de déterminer l’origine de ces départs de feu simultanés, une question qui préoccupe légitimement l’opinion publique.

Partout dans le pays, des convois de la fraternité se sont formés. De nombreuses wilayas ont envoyé vers le Centre et l’Est des cargaisons d’eau, de vivres, de médicaments et de couvertures, dans un afflux massif vers les points de collecte. Le Croissant Rouge algérien a déployé son système de réponse sur le terrain, avec douze ambulances et des renforts venus de Bordj Bou Arreridj, Constantine, Sétif et Tizi Ouzou, tous dirigés vers Jijel et Béjaïa. Le secteur de la Jeunesse a, de son côté, transformé auberges et complexes sportifs en centres d’hébergement pour les familles évacuées, à l’image du centre Bouati Mahmoud à Guelma, et en points de collecte, comme à Aïn M’lila. Le ministère de la Solidarité a déployé des cellules de proximité à Jijel, Béjaïa, Tizi Ouzou et Mila, chargées de l’accompagnement psychosocial des femmes, des enfants et des personnes âgées touchés par le drame. Le secteur privé n’est pas en reste dans cet élan de solidarité. Le Conseil du renouveau économique algérien (CREA), en coordination avec ses bureaux régionaux et les autorités locales, poursuivra l’envoi de convois d’aides vers les wilayas touchées par les incendies, afin de contribuer à l’assistance des familles sinistrées et d’être à leurs côtés.

L’industrie pharmaceutique s’est également mise au diapason de l’urgence. Sur instruction ministérielle, la Pharmacie centrale des hôpitaux a été approvisionnée en priorité en soins destinés aux brûlures et aux urgences, avec des livraisons massives assurées par Saidal. Le rétablissement des services de base a suivi de près les opérations de secours. Côté énergie, Sonelgaz a mobilisé des moyens considérables pour réparer les lignes électriques endommagées et rétablir le courant au plus vite dans les zones touchées.

Par Selma R.

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