14/07/2026
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Consommation d’électricité: L’Algérie face au défi de la sobriété énergétique

Face à une demande électrique record, l’APRUE appelle à une mobilisation nationale pour préserver les ressources énergétiques et renforcer la transition vers un modèle de consommation plus sobre. L’Algérie fait face à une évolution sans précédent de sa consommation d’électricité. Avec un pic historique de 21.378 MW enregistré en pleine période estivale, les besoins énergétiques du pays continuent de progresser sous l’effet conjugué de la hausse des températures, de la croissance démographique, de l’extension du parc immobilier et de la généralisation de la climatisation.

Invité de la Radio nationale, le directeur général de l’Agence nationale pour la promotion et la rationalisation de l’utilisation de l’énergie (APRUE), Merouane Chaabane, a estimé que cette situation impose désormais une véritable transformation des habitudes de consommation et une accélération de la politique nationale de maîtrise de l’énergie. Selon lui, la consommation électrique augmente chaque année d’environ 3 %, soit près de 600 MW supplémentaires par rapport à l’été précédent.

Cette progression est principalement alimentée par le recours massif aux climatiseurs, désormais présents dans plus de 60 % des foyers algériens. À cela s’ajoutent l’accroissement de la population, la livraison de nouveaux logements et une isolation thermique des bâtiments encore perfectible. L’une des principales difficultés réside dans le fait que cette demande exceptionnelle est concentrée sur une courte période de la journée, généralement entre 13 h et 16 h, au moment où les températures atteignent leur maximum.

Pour satisfaire cette pointe, le système électrique doit mobiliser des capacités de production très importantes qui ne sont utilisées que quelques heures par an. Cette situation entraîne des investissements lourds dans les infrastructures de production et de transport d’électricité, alors qu’une meilleure répartition de la consommation permettrait d’optimiser les capacités existantes. Pour limiter cette pression sur le réseau sans sacrifier le confort des ménages, l’APRUE recommande une série d’écogestes accessibles à tous.

L’agence recommande également d’aérer les habitations durant la nuit, de fermer volets et rideaux pendant les heures les plus chaudes, d’éviter l’utilisation simultanée d’appareils fortement consommateurs durant les heures de pointe et de privilégier les équipements les plus performants sur le plan énergétique. L’APRUE encourage notamment l’acquisition de climatiseurs Inverter, capables d’adapter automatiquement leur puissance aux besoins réels et de réduire jusqu’à 40 % la consommation d’énergie par rapport aux modèles classiques.

Afin d’accélérer le renouvellement du parc d’équipements, l’État lancera prochainement une plateforme numérique permettant aux ménages de bénéficier d’un dispositif d’aide au remplacement des anciens climatiseurs énergivores par des appareils performants fabriqués localement. Au-delà des mesures destinées aux ménages, l’APRUE déploie une stratégie globale à travers le Programme national de maîtrise de l’énergie (PNME) 2026-2035.

Cette stratégie repose sur la modernisation des équipements industriels, l’amélioration des procédés de production, la rénovation énergétique des bâtiments, la formation d’auditeurs spécialisés ainsi que le développement de systèmes intelligents de gestion de l’énergie.

Pour Merouane Chaabane, l’enjeu dépasse largement la seule question de la facture électrique. L’Algérie doit améliorer son intensité énergétique, c’est-à-dire produire davantage de richesse avec une consommation d’énergie plus faible. Aujourd’hui, explique-t-il, le pays utilise près de trois fois plus d’énergie que certains pays développés pour générer un niveau comparable de richesse économique.

Une grande partie de cette consommation reste concentrée dans des usages peu productifs, alors que les ressources énergétiques pourraient davantage soutenir l’industrie, l’agriculture ou les secteurs exportateurs. Le responsable de l’APRUE souligne également que le développement accéléré des énergies renouvelables constitue un levier essentiel de la transition énergétique.

Au-delà des investissements publics, le directeur général de l’APRUE insiste sur la nécessité d’une véritable culture de la sobriété énergétique. Il appelle les citoyens, les administrations, les collectivités locales et les entreprises à lutter contre toutes les formes de gaspillage, qu’il s’agisse de climatiser des locaux inoccupés, de laisser fonctionner inutilement des équipements électriques ou d’utiliser l’eau dessalée pour des usages non essentiels.

Pour lui, la maîtrise de l’énergie est désormais indissociable des enjeux liés à l’eau, à l’alimentation, à la protection de l’environnement et à la préservation des ressources destinées aux générations futures. Une transition qui, selon l’APRUE, passe autant par les innovations technologiques que par l’évolution des comportements quotidiens.

Par Réda Hadi

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