17/06/2026
ACTUALITEINTERNATIONAL

Demande mondiale de pétrole: L’AIE révise à la baisse ses prévisions

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a revu sensiblement ses prévisions pour le marché pétrolier mondial en 2026, conséquence directe des perturbations provoquées par la guerre en Iran et de leurs répercussions sur l’économie mondiale. Dans son rapport publié hier, l’organisation dresse le portrait d’un marché toujours fragilisé, marqué par un recul simultané de la demande et de l’offre, un niveau historiquement faible des stocks mondiaux et une reprise qui reste étroitement liée à l’évolution de la situation géopolitique au Moyen-Orient.

La principale révision concerne les perspectives de consommation mondiale. L’AIE prévoit désormais une baisse de la demande pétrolière de 1,1 million de barils par jour (mb/j) en 2026 par rapport à l’année précédente, contre une diminution de seulement 420 000 barils par jour envisagée dans son rapport de mai. La demande mondiale devrait ainsi s’établir à 103,3 millions de barils par jour.

Selon l’agence, cette dégradation est principalement imputable aux conséquences économiques du conflit iranien, à la flambée des prix de l’énergie et aux perturbations logistiques qui ont affecté les échanges internationaux. La hausse des coûts énergétiques a particulièrement pesé sur les principaux pays importateurs, notamment en Asie, où plusieurs économies ont fortement réduit leurs achats de pétrole brut.

L’offre mondiale devrait également enregistrer un recul significatif. L’AIE estime que la production mondiale diminuera de 3,9 millions de barils par jour pour atteindre 102,4 millions de barils quotidiens. Malgré cette contraction, l’écart entre l’offre et la demande tend à se réduire. Le déficit du marché est désormais évalué à 920 000 barils par jour, contre 1,7 million de barils par jour dans les projections précédentes.

Le secteur du raffinage subit lui aussi les effets de cette conjoncture difficile. L’activité mondiale des raffineries devrait reculer de 2 millions de barils par jour en 2026 pour s’établir à 82 millions de barils quotidiens. Cette baisse est liée à un net ralentissement observé au deuxième trimestre dans plusieurs régions stratégiques, notamment en Chine, au Moyen-Orient, en Eurasie et dans plusieurs pays asiatiques hors OCDE.

L’AIE souligne toutefois qu’un tournant important est intervenu avec la conclusion récente d’un accord entre les États-Unis et l’Iran destiné à mettre fin au conflit qui a fortement perturbé les marchés énergétiques. L’annonce de cet accord, conjuguée à la mobilisation des réserves stratégiques de plusieurs pays consommateurs, a contribué à apaiser les tensions. Le Brent est ainsi repassé sous le seuil des 80 dollars le baril après plusieurs semaines de forte volatilité.

Les premiers signes de normalisation apparaissent également dans le Golfe. Après avoir fortement reculé au plus fort de la crise, les flux pétroliers transitant par le détroit d’Ormuz ont commencé à se redresser. Les volumes acheminés sont passés de 9,6 millions à près de 12 millions de barils par jour durant le mois de juin. Cette reprise demeure toutefois progressive, l’agence soulignant que le retour complet des exportations du Golfe nécessitera encore des opérations de déminage des voies maritimes et une réorganisation des chaînes d’approvisionnement. La crise a également redessiné les flux commerciaux mondiaux.

Les pertes d’approvisionnement en provenance du Golfe ont été partiellement compensées par l’augmentation de la production hors OPEP+, notamment dans les Amériques. Les exportations du bassin atlantique vers les marchés situés à l’est du canal de Suez ont ainsi progressé de 3,5 millions de barils par jour depuis le début du conflit.

Par S R.

Publicité

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *