05/07/2026
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Investissement : USA Today décrypte les atouts de l’Algérie

Dans un rapport spécial intitulé « Algeria : North Africa’s Next Investment Frontier », le quotidien américain « USA Today » présente l’Algérie comme l’une des nouvelles destinations d’investissement les plus prometteuses du continent africain. Le document met en lumière une transformation économique profonde, portée par des réformes structurelles, une ouverture accrue aux capitaux étrangers et une stratégie de diversification qui ne se limite plus au seul secteur des hydrocarbures.

Selon cette analyse, l’Algérie est engagée dans un véritable changement de paradigme. Longtemps perçue comme une économie largement dépendante de ses ressources énergétiques, elle apparaît aujourd’hui comme un marché en pleine mutation, offrant des perspectives dans des secteurs aussi variés que l’industrie, l’agriculture, les mines, les technologies numériques, la pharmacie, les infrastructures ou encore le tourisme. Le rapport souligne notamment l’évolution des relations économiques entre Alger et Washington. Historiquement centré sur les questions sécuritaires et la lutte contre le terrorisme, le partenariat entre les deux pays s’oriente désormais vers les investissements et les échanges commerciaux. Ceux-ci ont atteint 3,5 milliards de dollars en 2025. Dans cette dynamique, la participation d’une importante délégation algérienne au sommet SelectUSA, organisé en mai dernier dans le Maryland sous la conduite du président du Conseil du renouveau économique algérien (CREA), Kamel Moula, illustre la volonté des autorités de développer des partenariats technologiques et industriels avec les entreprises américaines.

Une diversification portée par l’agriculture, l’énergie et les ressources minières

L’agriculture constitue l’un des principaux moteurs de cette nouvelle dynamique. Représentant désormais près de 15 % du produit intérieur brut, le secteur bénéficie d’investissements de grande ampleur destinés à renforcer la sécurité alimentaire. Le rapport cite en exemple le projet intégré Baladna, développé avec le Qatar, qui mobilise 3,5 milliards de dollars sur une superficie de 117 000 hectares. Associé à un partenariat avec les États-Unis pour l’importation progressive de 240 000 vaches laitières, ce complexe devrait couvrir, à terme, près de la moitié des besoins nationaux en lait en poudre tout en générant environ 15 000 emplois. L’étude met également en avant l’essor de l’agriculture saharienne, qui assure désormais près de la moitié de la production agricole nationale grâce à la valorisation des importantes ressources hydriques de l’aquifère de l’Albien. Cette évolution s’accompagne de la modernisation du système bancaire agricole, notamment à travers la Banque de l’agriculture et du développement rural (BADR), devenue la première banque publique du pays à adopter la norme internationale ISO 20022.

Si les hydrocarbures demeurent le pilier de l’économie nationale, « USA Today » estime que la stratégie énergétique algérienne s’inscrit désormais dans une logique de diversification et de transition. Sonatrach déploie un plan d’investissement de 68 milliards de dollars sur la période 2026-2030, principalement consacré à l’exploration et à la production. Le rapport évoque également les discussions engagées avec les groupes américains ExxonMobil et Chevron pour développer les ressources offshores et valoriser les importantes réserves de gaz de schiste. Il souligne aussi l’ambition du pays de devenir un acteur majeur de l’hydrogène vert grâce au projet South H2 Corridor reliant l’Algérie à l’Europe. L’intégration régionale figure également parmi les principaux facteurs de compétitivité relevés par le quotidien américain. Le projet de gazoduc transsaharien, destiné à acheminer le gaz nigérian vers l’Europe via le hub de Hassi R’Mel, est présenté comme une infrastructure stratégique appelée à renforcer le rôle énergétique de l’Algérie sur les marchés internationaux.

Le rapport accorde également une place importante au réveil du secteur minier. Il met en avant l’accélération du développement du gisement de fer de Gâra Djebilet, l’un des plus importants au monde, rendue possible grâce à la réalisation d’infrastructures ferroviaires reliant Béchar à Tindouf ainsi qu’aux investissements engagés dans les capacités portuaires, notamment à Djen Djen. Pour les auteurs, ce projet illustre la volonté de bâtir une véritable filière sidérurgique intégrée.

Numérique, finance et tourisme : les nouveaux relais de croissance

La montée en puissance de l’industrie pharmaceutique constitue un autre élément marquant de cette transformation. Avec près de 230 unités de production, l’Algérie représente désormais plus du tiers des capacités pharmaceutiques africaines. Le taux de couverture des besoins nationaux par la production locale avoisine aujourd’hui les 80 %, grâce notamment à des groupes comme SAIDAL et Biopharm, qui développent progressivement la fabrication locale de médicaments à forte valeur ajoutée, notamment dans les biosimilaires, l’oncologie et l’immunothérapie.

Le rapport met également en lumière l’essor spectaculaire de l’économie numérique. En six ans, le nombre de startups est passé de 230 à plus de 10 000, sous l’effet d’un nouveau cadre réglementaire et de la création de mécanismes de financement fondés sur le capital-risque. Le développement de la fibre optique, le renforcement de la connectivité internationale et le futur déploiement de la 5G confortent, selon « USA Today », l’ambition de l’Algérie de devenir un hub numérique reliant l’Europe à l’Afrique. Sur le plan financier, les réformes engagées par les autorités sont également saluées. La nouvelle loi sur la monnaie et le crédit garantit notamment la liberté de transfert des dividendes et des bénéfices des investisseurs étrangers, tandis que l’introduction en Bourse du Crédit populaire d’Algérie marque une étape importante dans la modernisation du marché financier national.

Enfin, le potentiel touristique figure parmi les secteurs appelés à soutenir la diversification économique. Le Sahara, le Tassili n’Ajjer, le Hoggar ainsi que les grands sites archéologiques constituent, selon le rapport, des atouts encore largement sous-exploités. L’objectif d’accueillir 12 millions de visiteurs à l’horizon 2030 s’accompagne d’un vaste programme de modernisation de la flotte d’Air Algérie et du renforcement des liaisons aériennes.

En conclusion, « USA Today » identifie quatre avantages structurels qui renforcent l’attractivité de la « Nouvelle Algérie » : une population jeune, dont près de 70 % ont moins de 40 ans, une position géographique stratégique aux portes de l’Europe et au cœur des échanges africains, des coûts énergétiques parmi les plus compétitifs au monde et un cadre politique fondé sur la stabilité des règles d’investissement. Autant d’atouts qui, selon le quotidien américain, placent désormais l’Algérie parmi les économies émergentes les mieux positionnées pour attirer les investissements internationaux au cours des prochaines années.

Par Selma R.

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