23/08/2026
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Le Premier ministre malien attendu à Alger: Cap sur le renforcement de la coopération économique

Le Premier ministre du Mali, le Général de Division Abdoulaye Maïga, est attendu lundi à Alger pour une visite de travail, à l’invitation de son homologue algérien, Sifi Ghrieb. Ce déplacement, riche en symboles, couronne une initiative diplomatique algérienne engagée de longue date et s’annonce comme une nouvelle étape dans la relance des relations bilatérales, portée par la volonté d’Alger et de Bamako de redynamiser leur partenariat économique.

Le Chef du Gouvernement malien, porteur d’un message destiné au Président Abdelmadjid Tebboune, sera reçu en audience par le Président de la République et aura des séances de travail avec son homologue, Sifi Ghrieb. Les deux délégations examineront, à cette occasion, les voies et moyens de consolider leur coopération dans plusieurs secteurs d’intérêt commun. Cette visite fait suite, rappelle-t-on, à un entretien téléphonique tenu le 9 août dernier à l’initiative d’Alger, qui a ainsi ouvert la voie à ce rapprochement en privilégiant le dialogue et la concertation. Elle intervient dans le sillage de mesures de rapprochement décidées par les deux pays, notamment le retour des ambassadeurs à Bamako et à Alger, ainsi que la réouverture mutuelle de leurs espaces aériens, une dynamique dans laquelle la diplomatie algérienne a joué un rôle moteur.

Cette rencontre au sommet ne se limite cependant pas à sa portée diplomatique : elle devrait permettre à l’Algérie d’ouvrir de nouvelles perspectives de coopération économique avec le Mali, dans un esprit de bon voisinage et de solidarité qu’Alger n’a cessé de promouvoir. Les discussions porteront ainsi sur les moyens de consolider les échanges dans des domaines d’intérêt mutuel, au bénéfice des deux peuples, mais avec des retombées attendues particulièrement favorables pour les opérateurs économiques algériens en quête de nouveaux débouchés.

Cette dynamique bilatérale s’inscrit toutefois dans un cadre plus large, celui d’une politique de voisinage algérienne dont les effets dépassent le seul Mali : la normalisation des relations entre Alger et Bamako, engagée depuis le retour des ambassadeurs et la réouverture des espaces aériens le 10 juillet 2026, s’annonce en effet comme un facteur de stabilisation et de relance économique pour l’ensemble de la région sahélienne, portée par l’initiative algérienne. Ainsi, la réouverture de la liaison aérienne directe entre Alger et Bamako ne profite pas seulement au Mali : elle repositionne surtout l’Algérie comme point de transit incontournable entre le Sahel et la Méditerranée, au bénéfice de ses propres opérateurs économiques autant que de ceux de la sous-région. En redonnant vie à cet axe, Alger consolide son rôle de porte d’entrée pour un espace sahélien en quête de débouchés vers le nord, confirmant sa position de puissance de référence dans la région.

Ce rôle régional se lit plus nettement encore à travers la route transsaharienne, dont l’Algérie a déjà réalisé, sur ses seuls deniers, 2 400 des quelque 10 000 kilomètres du tracé reliant l’Algérie, le Mali, le Niger, le Nigeria, la Tunisie et le Tchad. La tenue à Alger, en juin 2026, de la 77ᵉ session du comité de liaison de cette route témoigne de la volonté algérienne de transformer cette infrastructure, portée depuis des décennies par le pays, en un véritable corridor économique continental, et non plus seulement en un axe de transit. Pour des pays enclavés comme le Mali, le Niger ou le Tchad, cette route représente en effet un accès stratégique aux ports méditerranéens, un accès que seule l’Algérie est en mesure de leur offrir.

La même dimension régionale se retrouve dans le projet de dorsale de fibre optique transsaharienne, porté par l’Algérie pour relier son territoire au Mali, à la Mauritanie, au Niger, au Nigeria et au Tchad. Avec 2 600 kilomètres déjà posés entre Alger et In Guezzam, ce projet dépasse également le seul cadre algéro-malien : il vise à connecter l’ensemble des économies sahéliennes aux réseaux internationaux de télécommunications via l’infrastructure algérienne, faisant ainsi de l’Algérie un pivot numérique incontournable pour une région où la connectivité reste un défi majeur.

Par Selma R.

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