25/05/2024
ACTUALITEFINANCE

Les finances publiques se portent bien

Malgré la hausse de la dette publique interne avoisinant les 15 500 milliards de DA, soit 47% du PIB, les finances publiques de l’Algérie se portent bien. C’est ce que le ministre des Finances, Laaziz Fiad, a affirmé hier à Alger. Pour lui, le dernier rapport de la Banque mondiale est la meilleure réponse sur la situation financière du pays, en indiquant que « tous les indicateurs sont au vert».

Lors de son passage au «Forum d’El Moudjahid», le ministre a souligné que les dépenses de l’Etat sont soutenables et l’ouverture des vannes pour 2024 était dans le but d’améliorer le train de vie de l’Etat. L’augmentation des dépenses dans la Loi de Finances (LF) 2024  s’inscrit dans le souci de donner des moyens aux différents ministères de s’équiper en moyens nécessaires et de procéder à des recrutements après des restrictions budgétaires durant les trois dernières années. Et surtout, ajoute-t-il, d’améliorer le pouvoir d’achat des citoyens qui est une question centrale dans le programme du Président de la République, Abdelmadjid Tebboune.

Selon un exposé présenté par le ministre, les dépenses budgétaires devraient atteindre 15275,3 Mrds DA en 2024, puis 15900,4 Mrds en 2025 et 15705,6 Mrds en 2026. Comparativement à la loi de finances initiale pour 2023 il est, toutefois, enregistré une augmentation de 1688,03 Mrds DA en autorisation d’engagement (soit + 12,4%) et 1488,45 Mrds DA en crédits de paiement (soit +10,8%). Il importe de signaler que la demande exprimée par l’ensemble des secteurs atteint pour l’année 2024 un montant de 16 952,21 Mrds DA en autorisation d’engagement et 16 424,83 Mrds DA en crédits de paiement. Le taux de couverture de ces demandes est de 90,2% en AE et de 93% en CP.

Concernant les recettes budgétaires devraient atteindre 9105,3 Mrds DA en 2024 et devraient augmenter en moyenne de près de +4,2% entre 2025 et 2026, pour atteindre 9537,2 Mrds DA en 2025 et 9881,9 Mrds DA en 2026. Selon le même exposé du ministre des Finances, la fiscalité des hydrocarbures (budgétisée) devraient baisser en 2024 de 8,9% par rapport à l’année 2023. Elle passerait de 3856,3 Mrds DA en 2023 à 3512,3 Mrds DA en 2024, puis 3520,9 Mrds DA en 2025 et 3563,3 Mrds DA en 2026, ajoute le ministre, en faisant savoir que les recettes hors hydrocarbures devraient passer de 5593,0 Mrds DA en 2024 dont 4117,3 Mrds DA pour les recettes fiscales;  à 6016,3 Mrds DA en 2025 et à 6318,6 Mrds DA en 2026.

Concernant la hausse de la dette publique, le ministre a indiqué que par le passé celle-ci avait dépassé les 72% en 2017 et 2018, aujourd’hui, elle est à 47% du PIB, d’autant plus que la norme mondiale est de 60%. Ceci dit, affirme-t-il, que « nous avons encore de marge de manœuvre pour recourir à la dette interne si nécessaire pour le financement de l’investissement public»

Par ailleurs, Faid a indiqué que son département poursuivra les efforts pour la rationalisation et l’optimisation de la dépense publique. D’ailleurs, c’est dans ce cadre que s’inscrit la réforme budgétaire en place depuis 2023. « On veut gérer et connaître le service public. Tous cela sera retracé», souligne-t-il. Cette nouvelle vision permettra, selon le ministre, «plus de responsabilisation, de résultat, d’évaluation de la performance de chaque institution et de chaque fonctionnaire». Et d’ajouter : «Notre souci est de parvenir à une meilleure visibilité et traçabilité des politiques publiques».

L’important est que «les gens reprennent confiance en leurs institutions. Pour cette année, annonce M. Faid, les crédits budgétaires «sont mis à la disposition de tous les ministères dès la première semaine de janvier courant». Sur sa lancée, M. Faid a rappelé également la remise des lettres de mission, aux directeurs généraux relevant de son département.

Des tâches spécifiques et des objectifs précis sont fixés à chaque structure «sur trois ans avec un séquentiel d’une année». Même les banques et les compagnies d’assurance, relève le ministre des Finances, «vont disposer de contrats d’objectifs et de performance». Aussi, le premier argentier du pays est revenu sur la loi sur la comptabilité publique, publiée au Journal officiel, qui permettra de connaitre le coût réel du service public.

Les dépenses de personnel devraient atteindre 5 155,05 Mrds DA,représentant 34,44 % du total des crédits pour 2024 avec une augmentation de 673,97 Mrds DA en AE et en CP, soit +15,04% comparativement aux crédits du PLFR pour 2023.Ces crédits couvrent, essentiellement, la prise en charge de l’incidence financière en année pleine de l’ouverture de postes décidées par les pouvoirs publics au cours de l’exercice  2023, telles de l’Education Nationale pour 26.475 postes (dont  12.877 éducateurs sportifs) : 35,5 Mrds DA et de l’Enseignement Supérieur pour 4.800 postes dans le cadre du recrutement des titulaires des diplômes du Magister et de Doctorat : 6,9 Mrds DA; la révision de la grille indiciaire des salaires des fonctionnaires et agents publics au nombre 2,86 Millions pour une enveloppe globale évaluée à 578 Mrds DA. S’agissant de la masse salariale, celle-ci est évaluée à 5.275 Mrds DApour 2024 contre 4.629 Mrds DA pour l’exercice 2023. Elle représente ainsi 34,5% du budget général de l’Etat.

Par Zahir R

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