Lutter contre le gaspillage d’énergie : Le ministère mise sur la consommation intelligente
Face à une demande d’électricité en constante progression, particulièrement durant les périodes de fortes chaleurs, le ministère de l’Énergie et des Énergies renouvelables mise désormais sur une nouvelle approche : promouvoir une consommation intelligente de l’énergie. L’objectif n’est pas de réduire le confort des citoyens, mais d’encourager des comportements responsables afin de limiter le gaspillage, de préserver les ressources naturelles et de renforcer la sécurité énergétique du pays.
Cette démarche vise à inscrire durablement la maîtrise de la consommation énergétique dans les habitudes des citoyens. L’ambition est de faire de la consommation intelligente un levier de préservation des ressources, de réduction des dépenses énergétiques et de consolidation de la sécurité énergétique nationale. Invité de la Télévision algérienne, Khalil Hedna, directeur de l’Information et de la Communication au ministère de l’Énergie et des Énergies renouvelables, a expliqué que cette orientation s’inscrit dans une stratégie globale combinant investissements, modernisation des infrastructures et sensibilisation des consommateurs. « Nous ne demandons pas aux citoyens de renoncer à leur confort ni de se priver de l’utilisation des climatiseurs. Ce que nous encourageons, c’est une consommation intelligente qui élimine le gaspillage », a-t-il souligné.
Selon le responsable, cette campagne traduit un véritable changement de philosophie. Longtemps limitée à la période estivale, elle est désormais appelée à se poursuivre tout au long de l’année afin d’ancrer durablement une culture de l’efficacité énergétique au sein de la société. Pour concrétiser cette ambition, le ministère a choisi d’impliquer un large éventail d’acteurs. Les médias, les universités, les associations, les opérateurs économiques ainsi que les secteurs public et privé sont mobilisés pour relayer les messages de sensibilisation. Les mosquées participent également à cet effort grâce à la collaboration avec les imams et le Haut conseil islamique. Dans ce cadre, un prix récompensant le « meilleur lieu de culte économe en énergie » a été institué afin d’encourager les bonnes pratiques.
Cette mobilisation intervient alors que la consommation nationale d’électricité atteint des niveaux records sous l’effet des températures élevées. Khalil Hedna a indiqué que la demande a récemment dépassé les 20 000 MW et pourrait atteindre entre 21 000 et 22 000 MW en cas de conditions climatiques extrêmes. Face à cette forte pression sur le réseau, le responsable s’est voulu rassurant. Il a affirmé que les investissements engagés par le ministère et Sonelgaz permettent d’assurer la continuité de l’alimentation électrique. Chaque année, un vaste programme d’investissement est mis en œuvre pour renforcer les capacités de production, de transport et de distribution de l’électricité. Ce dispositif est complété par des opérations de maintenance préventive, notamment l’élagage des arbres et la réalisation de tranchées pare-feu, afin de protéger les lignes électriques contre les incendies de forêt et d’éviter toute interruption de l’alimentation.
Pour Khalil Hedna, la rationalisation de la consommation revêt également une dimension économique et stratégique. Plus de 98 % de l’électricité produite en Algérie provient du gaz naturel. Chaque kilowattheure économisé contribue ainsi à préserver cette ressource non renouvelable. « Économiser l’électricité, c’est aussi économiser le gaz naturel », a-t-il rappelé, soulignant que cette ressource doit être préservée au profit des générations futures tout en continuant à soutenir le développement économique du pays. Le responsable a également mis en avant les outils numériques proposés par Sonelgaz, qui permettent aux abonnés de suivre leur consommation moyenne quotidienne. Ces solutions offrent aux ménages une meilleure maîtrise de leur consommation et les aident à anticiper le montant de leur facture trimestrielle.
Cette stratégie s’appuie également sur les investissements réalisés ces dernières années, qui permettent de répondre à la hausse de la demande intérieure sans compromettre les engagements extérieurs de l’Algérie. Khalil Hedna a indiqué que les capacités d’exportation d’électricité demeurent préservées, le pays continuant notamment d’alimenter la Tunisie à hauteur de plus de 500 MW, tout en poursuivant ses projets d’interconnexion avec la Libye, l’Égypte et, à terme, le reste du continent africain.
Par Selma R.
