02/06/2026
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Nouveau consortium industriel algéro-égyptien: Sonelgaz et Elsewedy Electric à la conquête de l’Afrique

Une nouvelle alliance industrielle entre l’Algérie et l’Égypte est en train de redessiner les équilibres économiques en Afrique centrale et occidentale. Porté par Sonelgaz et le groupe égyptien Elsewedy Electric, ce consortium ambitionne d’investir massivement dans les énergies renouvelables, les infrastructures et les technologies de connectivité, avec l’objectif de bâtir un modèle de développement et de financement entièrement africain.

Une nouvelle dynamique économique nord-africaine prend forme sur le continent. D’après le site « Business Insider Africa », l’Algérie et l’Égypte ont uni leurs forces à travers un consortium industriel associant Sonelgaz, le géant algérien de l’électricité et du gaz, et Elsewedy Electric, l’un des plus importants groupes industriels du monde arabe, dirigé par Ahmed Elsewedy.

Cette alliance stratégique entend accélérer son déploiement en Afrique subsaharienne, en ciblant particulièrement les marchés d’Afrique centrale et occidentale. Le Cameroun figure parmi les premières destinations de cette offensive économique, notamment à travers les pôles de Douala et Yaoundé, considérés comme des plateformes régionales de croissance et d’investissement.

Au cœur de cette stratégie se trouve le secteur énergétique. La coentreprise créée entre Sonelgaz et Elsewedy Electric ambitionne de développer plusieurs projets d’énergies renouvelables dans différents pays africains. Le solaire et l’éolien constituent les principaux axes d’intervention, avec des projets envisagés au Cameroun, au Sénégal et en Côte d’Ivoire. Sept projets majeurs sont actuellement à l’étude auprès des autorités algériennes.

L’ambition du consortium ne se limite toutefois pas à la production d’électricité verte. Les deux partenaires entendent également investir dans les infrastructures intégrées, l’ingénierie industrielle, la logistique et les technologies numériques. Parmi les projets évoqués figure notamment la fabrication de câbles à fibre optique destinés à approvisionner aussi bien le marché algérien que d’autres pays du continent, renforçant ainsi les capacités de connectivité numérique africaines.

Cette initiative est de nature à bouleverser en profondeur l’organisation des marchés régionaux, l’arrivée de ce nouvel acteur modifiant déjà progressivement les rapports de force au sein de la zone de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Alors que les grands projets d’infrastructures et d’énergie y ont été dominés pendant plusieurs décennies par des groupes européens, notamment français, ainsi que par de puissants conglomérats ouest-africains, le modèle porté par le consortium algéro-égyptien se distingue radicalement par son approche endogène.

En s’appuyant sur des financements, des compétences techniques et des chaînes d’approvisionnement majoritairement africains, cette stratégie vise à réduire la dépendance historique vis-à-vis des réseaux traditionnels de financement et d’ingénierie extérieurs au continent, tout en favorisant une intégration économique interafricaine beaucoup plus forte.

Par S R.

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