Nouveau plan de gestion des ressources en eau: Pour une sécurité hydrique durable
La sécurité hydrique est au centre des préoccupations du gouvernement. Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, accorde une grande importance à ce dossier, en donnant des instructions fermes pour un approvisionnement continu des populations en eau potable.
Des investissements lourds ont été consentis ces dernières années, notamment la construction de nouveaux barrages et la réalisation de stations de dessalement, avec pour objectif d’atteindre une couverture de 60 % en eau non conventionnelle d’ici 2030. Une démarche visant à prémunir le pays contre d’éventuelles crises de stress hydrique.
En effet, au-delà de la réalisation de projets hydrauliques, pour lesquels l’État a consenti d’importants efforts, un travail considérable reste à accomplir en matière de gestion. D’ailleurs, le président de la République a ordonné au nouveau ministre du secteur, en l’occurrence Lounès Bouzegza, d’élaborer un nouveau plan de gestion des ressources en eau, visant à instaurer une approche proactive et durable afin de consolider une sécurité hydrique globale et à long terme, de manière à soutenir le processus de développement.

Dans des déclarations à l’APS, des experts ont expliqué que ce nouveau plan traduit un changement qualitatif dans l’approche de l’Algérie en matière de gestion des ressources en eau, fondée sur la diversification et la valorisation des ressources, notamment à travers les projets récemment réalisés dans le dessalement et la réutilisation des eaux épurées. Cette dynamique permettra, soulignent-ils, d’améliorer l’approvisionnement en eau tant pour la population que pour les activités économiques.
Pour l’expert économique Houari Tigherssi, ce plan confirme que « la volonté politique dans le secteur de l’eau en Algérie repose désormais sur l’anticipation plutôt que sur la réaction, sur la diversification des sources au lieu de la dépendance à une seule, ainsi que sur la durabilité plutôt que sur des solutions conjoncturelles ». Il a ajouté que ces choix, aujourd’hui traduits en projets concrets, permettront à l’Algérie de franchir des étapes vers la consolidation d’une véritable sécurité hydrique soutenant le développement sous toutes ses formes.
Les orientations du président de la République traduisent, dit-il, « un passage clair d’une logique de gestion de la rareté à la construction d’une véritable sécurité hydrique, affirmant que l’eau est une question de souveraineté placée parmi les priorités de l’État et non un simple service public », d’autant plus que cette volonté ne s’est pas limitée au discours, mais s’est concrétisée à travers de grands projets, tels que la généralisation des stations de dessalement de l’eau de mer.
De son côté, l’expert et conseiller économique Abdelkader Slimani a considéré que le nouveau plan ordonné par le président de la République constitue « le prolongement d’un vaste processus d’investissement engagé par l’Algérie ces dernières années, notamment dans le domaine du dessalement de l’eau de mer », en plus de représenter « un changement qualitatif dans la politique publique, passant de la gestion de la rareté à la construction d’une abondance durable ». Ainsi, a-t-il insisté, l’Algérie deviendra « l’un des pays leaders en Afrique dans la gestion des ressources hydriques face aux changements climatiques ».
M. Slimani a également affirmé que la mission confiée au ministre de l’Hydraulique pour l’élaboration de ce plan reflète une prise de conscience de la nécessité de moderniser le système de gouvernance de l’eau, notamment après des années de fluctuation des précipitations dues aux changements climatiques, ainsi qu’à l’augmentation de la demande en eau liée à la croissance démographique et à la dynamique économique.

Cette orientation s’inscrit dans le cadre de la restructuration d’un secteur vital ayant un impact direct sur la sécurité alimentaire, d’autant plus qu’il constitue un levier essentiel de la production agricole, laquelle contribue à hauteur d’environ 12 à 14 % du produit intérieur brut en Algérie, a ajouté M. Slimani. Pour sa part, l’expert économique Ishak Kherchi a affirmé que l’Algérie sort progressivement de la dépendance conjoncturelle au taux de remplissage des barrages, à travers l’adoption d’une politique plus efficace et durable, fondée sur la diversification des sources, soulignant que la mission confiée au ministre de l’Hydraulique pour l’élaboration de ce nouveau plan traduit une volonté claire et anticipative de gestion de cette ressource stratégique, garantissant la concrétisation d’une sécurité hydrique à long terme, basée sur la prévision, la préparation et la réactivité.
Il a enfin indiqué que cette démarche s’inscrit dans une dynamique de réformes engagée par l’Algérie ces dernières années, marquée par le passage d’une dépendance quasi totale aux ressources conventionnelles (barrages et forages) à un investissement intensif dans les stations de dessalement de l’eau de mer, devenues un choix stratégique pour renforcer la sécurité hydrique.
Par Zahir R.
