Ressources hydriques: L’ANRH prépare de grands projets stratégiques
L’Agence nationale des ressources hydriques (ANRH) poursuit son rôle central dans la connaissance, la surveillance et la préservation des ressources en eau en Algérie. À l’occasion du Salon international des équipements, des technologies et des services de l’eau (SIEE-Pollutec), son directeur général, Houcine Benmouffok, a présenté les principales missions de l’établissement ainsi que les projets structurants actuellement en cours de réalisation.

Disposant d’un important réseau national d’observation hydrométrique et pluviométrique lui permettant de mesurer les précipitations, de suivre les débits des oueds et d’évaluer les ressources superficielles disponibles, l’ANRH détient, en parallèle, un vaste réseau piézométrique qui lui permet d’assurer le suivi permanent des nappes souterraines afin de surveiller leur niveau d’exploitation et d’alerter les autorités en cas de rabattements importants.
Parmi les projets majeurs engagés par l’agence figure la réalisation d’un modèle hydraulique consacré au Système aquifère du Sahara septentrional (SASS), notamment au niveau du Continental intercalaire dans les régions d’Adrar et de Timimoun. Cette initiative intervient dans un contexte marqué par l’essor des grands périmètres agricoles sahariens, fortement consommateurs d’eau souterraine.
Selon M. Benmouffok, ce modèle mathématique, dont l’achèvement est prévu avant la fin de l’année, permettra d’assurer un suivi scientifique rigoureux des prélèvements et de garantir une exploitation durable des ressources stratégiques du Sahara. L’objectif est d’éviter toute surexploitation des nappes et d’assurer leur préservation pour les générations futures.
Le projet Timimoun-Gara Djebilet franchit une nouvelle étape
L’ANRH participe également à l’un des projets hydrauliques les plus ambitieux du pays : le transfert d’eau depuis le Continental intercalaire vers la région de Gara Djebilet.
Ce projet prévoit l’acheminement de l’eau depuis Timimoun en direction de Tindouf, en passant par le sud de Timimoun, Béni Abbès et le sud de Béchar.
Outre l’alimentation du futur complexe minier de Gara Djebilet, cette infrastructure permettra de sécuriser l’approvisionnement en eau potable de l’ensemble des populations vivant le long du corridor traversé par le projet.
Le même responsable a précisé que l’opération se trouve actuellement au stade de l’avant-projet détaillé (APD), tandis que les travaux de préparation des cahiers des charges sont en cours avant le lancement de la phase de réalisation.
41 plans de prévention des risques d’inondation à l’horizon 2027
Par ailleurs, face à la recrudescence des événements climatiques extrêmes, l’ANRH poursuit également son programme de protection des villes exposées aux risques d’inondation. Plusieurs wilayas figurent parmi les zones prioritaires, notamment Chlef, Skikda et Sidi Bel Abbès.
À ce jour, l’agence a déjà finalisé 16 Plans de prévention des risques d’inondation (PPRI). Quatorze autres sont actuellement en cours d’élaboration et onze nouveaux plans devraient être lancés avant la fin de l’année. L’objectif affiché est d’atteindre 41 PPRI à l’échelle nationale d’ici fin 2027, renforçant ainsi les capacités d’anticipation et de gestion des risques naturels dans les principales zones vulnérables du pays.
L’exploration de nouvelles ressources souterraines constitue un autre axe stratégique de l’activité de l’agence. Dans ce cadre, l’ANRH mène des campagnes de prospection géophysique destinées à identifier de nouveaux aquifères exploitables.
Certaines investigations atteignent déjà des profondeurs importantes. À Fesdis, dans la wilaya de Batna, une étude géophysique a ainsi permis d’explorer des structures géologiques jusqu’à 3 000 mètres de profondeur. Parallèlement, un forage profond de 1 000 à 1 200 mètres est actuellement en cours de réalisation afin de confirmer les résultats obtenus et d’évaluer le potentiel réel de ces ressources.
Selon les responsables de l’agence, ces opérations s’inscrivent dans une démarche nationale visant à cartographier les ressources souterraines disponibles et à renforcer les capacités d’approvisionnement du pays face aux défis climatiques futurs.
71 % des demandes de forages approuvées
L’activité réglementaire de l’ANRH connaît également une forte dynamique. Entre 2021 et 2025, l’agence a traité près de 195 000 demandes de forage à travers le territoire national.
Selon les chiffres communiqués par son directeur général, 71 % de ces dossiers ont reçu un avis favorable, autorisant l’exploitation des eaux souterraines. Les refus concernent principalement les demandes susceptibles d’affecter des ressources stratégiques destinées à l’alimentation en eau potable des populations. « Nous n’autorisons généralement pas les forages lorsqu’ils risquent d’impacter des points d’eau servant à l’approvisionnement des citoyens », a expliqué M. Benmouffok, soulignant que le secteur agricole demeure le principal demandeur d’autorisations de forage, confirmant ainsi le rôle croissant de l’irrigation dans le développement des grands projets agricoles, notamment dans les régions sahariennes.
Par Z. R.
