31/05/2026
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Collecte des peaux de moutons: La campagne nationale couronnée de «succès»

La campagne nationale de collecte et de valorisation des peaux de moutons de l’Aïd El-Adha a enregistré cette année des résultats particulièrement encourageants, au point d’être qualifiée de « succès retentissant » par Hayat Achour, directrice générale du Conservatoire national des formations à l’environnement (CNFE).

Cette réussite témoigne à la fois de l’évolution des mentalités, de l’efficacité de la coordination intersectorielle et de l’ancrage progressif des principes de l’économie circulaire dans les pratiques citoyennes. Selon Mme Achour, ce bilan positif est le fruit d’une préparation anticipée et d’une mobilisation sans précédent de plusieurs secteurs ministériels, notamment ceux de l’Environnement, de l’Industrie, de l’Intérieur et du Commerce. « Cette campagne a bénéficié d’une forte synergie entre les différents acteurs institutionnels, associatifs et économiques, ce qui a permis d’obtenir des résultats très satisfaisants sur le terrain », a-t-elle souligné sur les ondes de la « Chaîne I » de la Radio nationale.

Cette dynamique collective a permis de faire de l’opération une véritable référence en matière de mobilisation citoyenne et de valorisation des ressources. Elle illustre la capacité des différents acteurs à conjuguer leurs efforts pour transformer une matière souvent négligée en une ressource stratégique au service de l’industrie nationale du cuir, de la protection de l’environnement et de la création de richesse. La sensibilisation a constitué l’un des principaux leviers de cette réussite. Lancée depuis la Grande Mosquée d’Alger (Djamaâ El-Djazair), la campagne a bénéficié de l’implication des imams à travers les prêches du vendredi et les activités religieuses organisées avant l’Aïd.

Cette démarche a permis de transmettre un message clair aux citoyens : la peau de mouton ne doit plus être considérée comme un simple déchet, mais comme une ressource économique à forte valeur ajoutée susceptible d’alimenter l’industrie nationale du cuir. « Nous avons insisté sur la nécessité de préserver la qualité des peaux dès l’opération de sacrifice, en évitant les déchirures lors du dépouillement et en utilisant le sel pour assurer leur conservation », a expliqué Hayat Achour. Elle a rappelé que d’importantes quantités de sel avaient été mises à disposition grâce à la contribution du secteur industriel afin de faciliter cette opération.

Sur le terrain, la logistique déployée a joué un rôle déterminant dans le succès de la campagne. Un réseau national de points de collecte a été mis en place à travers les communes du pays. Le groupe public GITEX, spécialisé dans l’industrie du cuir, a mobilisé l’ensemble de ses 17 filiales pour assurer la récupération, le transport et la valorisation des peaux collectées. Les Centres d’enfouissement technique (CET), les collectivités locales ainsi que les entreprises de collecte des déchets ont également contribué au bon déroulement de l’opération.

Les premiers indicateurs font ressortir une nette amélioration de la propreté urbaine durant les jours de l’Aïd. Les rejets anarchiques de peaux dans les rues et les espaces publics ont sensiblement diminué dans plusieurs wilayas, notamment dans les régions du Nord et des Hauts Plateaux. « Nous avons constaté une implication remarquable des citoyens qui ont participé aux opérations de nettoyage aux côtés des agents de propreté, ce qui a contribué à préserver le cadre de vie et à limiter les nuisances environnementales », a affirmé Mme Achour.

Ce résultat s’inscrit dans une vision plus globale portée par le ministère de l’Environnement et de la Qualité de vie, visant à accélérer la transition vers une économie circulaire fondée sur la valorisation des déchets et la création de nouvelles opportunités économiques. Pour Hayat Achour, la gestion des peaux de moutons constitue un exemple concret de cette nouvelle approche. « Nous passons progressivement d’un modèle basé sur l’enfouissement à un modèle fondé sur la récupération et la valorisation des matières premières issues des déchets », a-t-elle indiqué.

Dans cette perspective, plusieurs dispositifs ont été mis en place afin d’encourager l’entrepreneuriat vert et l’investissement dans les filières du recyclage. Les autorités misent notamment sur la simplification des procédures d’octroi des licences de collecte et de transport des déchets ainsi que sur le développement de plateformes numériques dédiées à l’accompagnement des investisseurs environnementaux.

Les jeunes porteurs de projets sont ainsi encouragés à créer des micro-entreprises dans des activités nécessitant peu d’investissements initiaux, mais offrant un potentiel important de création de valeur et d’emplois. Parallèlement, le CNFE poursuit ses missions de formation et de sensibilisation à travers son réseau national de Maisons de l’environnement. L’établissement accompagne les collectivités locales, les cadres des administrations, les acteurs économiques et les associations dans l’appropriation des bonnes pratiques liées à la gestion moderne des déchets, à la préservation de l’environnement et à l’adaptation aux changements climatiques.

Par S. R.

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