09/06/2026
ACTUALITEINDUSTRIE

Industrie /Adrar : Des biens récupérés remis en exploitation

La stratégie nationale de récupération et de valorisation des biens industriels saisis franchit une nouvelle étape. En visite de travail et d’inspection dans la wilaya d’Adrar, le ministre de l’Industrie, Yahia Bachir, a mis en avant les résultats concrets de cette politique publique à travers l’inauguration de deux briqueteries et l’inspection d’un troisième projet en cours de réhabilitation. Une démarche qui illustre, selon lui, la volonté de l’État de transformer les actifs récupérés en véritables moteurs de croissance, de création d’emplois et de développement régional.

En ce sens, en 2026, la politique de récupération et de relance des biens industriels constitue l’un des axes majeurs de la stratégie économique de l’Algérie. Cette démarche s’inscrit dans les orientations des pouvoirs publics visant à restaurer les capacités productives nationales, à diversifier l’économie hors hydrocarbures et à renforcer la souveraineté industrielle du pays.

À la suite des opérations de lutte contre la corruption engagées ces dernières années, l’État a récupéré de nombreux actifs industriels, usines, complexes de production et unités économiques qui avaient été abandonnés, sous-exploités ou impliqués dans des affaires judiciaires. Plutôt que de laisser ces infrastructures à l’arrêt, les autorités ont opté pour une stratégie de réhabilitation et de réintégration dans le circuit économique national.

Cette approche repose sur plusieurs axes. Le premier consiste à transférer les actifs récupérés vers des groupes publics spécialisés capables d’assurer leur gestion et leur remise en exploitation. Des groupes industriels nationaux comme GICA, Sonarem, Madar Holding ou encore Cosider ont ainsi été mobilisés pour reprendre et moderniser plusieurs unités productives.

Le deuxième axe porte sur l’investissement dans la réhabilitation des installations. L’objectif n’est pas seulement de remettre en marche les usines, mais également d’améliorer leurs performances techniques, leur productivité et leur compétitivité. Les investissements réalisés concernent la modernisation des équipements, la mise aux normes des infrastructures et l’intégration de nouvelles technologies de production.

Dans cette optique, le ministre a procédé à la mise en service de deux unités industrielles relevant désormais de la Société industrielle des matériaux de construction (SIMCA), filiale du Groupe industriel des ciments d’Algérie (GICA). Ces infrastructures figurent parmi les nombreux biens récupérés par l’État dans le cadre de la lutte contre la corruption et réintégrés dans le circuit économique national.

S’exprimant à cette occasion, Yahia Bachir a exprimé sa satisfaction quant aux progrès enregistrés sur le terrain. Il a souligné que les réalisations constatées s’inscrivent pleinement dans les orientations des hautes autorités du pays visant à relancer les biens industriels récupérés et à les convertir en outils productifs capables de générer de la valeur ajoutée, des richesses et des emplois durables.

« Les résultats observés aujourd’hui confirment que l’option retenue par l’État, fondée sur la récupération et la relance des actifs industriels, constitue un choix économique judicieux », a affirmé le ministre, estimant que cette approche contribue à préserver les capacités nationales de production tout en renforçant la souveraineté économique du pays.

Parmi les projets inaugurés figure la briqueterie de Fenoughil, au sud d’Adrar. Réalisée grâce à un investissement de 1,76 milliard de dinars, cette unité dispose d’une capacité de production théorique de 300 000 tonnes par an, soit l’équivalent de près de 60 millions de briques. Entrée en phase de production après l’achèvement des essais techniques, elle devrait générer à terme une centaine d’emplois directs.

Au chef-lieu de la wilaya, le ministre a également inauguré la briqueterie Timadenine 2, réhabilitée grâce à un investissement de 2,36 milliards de dinars. Dotée d’une capacité de production de 130 000 tonnes par an, cette unité contribue non seulement à renforcer l’offre nationale en matériaux de construction, mais aussi à préserver près de cent emplois.

La visite a également permis d’inspecter le chantier de réhabilitation de la briqueterie Timadenine 1. Ce projet, qui mobilise un investissement de 1,25 milliard de dinars, devrait permettre à l’unité de retrouver une capacité de production annuelle de 72 000 tonnes une fois les travaux achevés.

Au total, les investissements engagés par les pouvoirs publics à travers GICA et sa filiale SIMCA pour la relance de ces trois actifs industriels dépassent 5,37 milliards de dinars. Une enveloppe qui témoigne de l’importance accordée par l’État à la réhabilitation du tissu industriel national et à la valorisation des biens récupérés.

Au-delà des chiffres, Yahia Bachir a insisté sur la portée stratégique de ces projets. Pour lui, la réintégration des actifs récupérés dans l’économie productive constitue un levier essentiel pour soutenir le développement local, attirer les compétences et créer de nouvelles opportunités d’emploi dans les régions du Sud.

Par Réda Hadi

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