Performances de l’agriculture algérienne: Ce que révèle le Département américain de l’Agriculture
Les performances de l’agriculture algérienne sont suivies de près par le Département américain de l’Agriculture (USDA). À travers les données de son Service agricole étranger (USDA FAS), Washington livre une photographie de la production algérienne pour la campagne 2025/2026, faisant ressortir la progression de plusieurs filières, notamment les céréales et les produits issus de la trituration du soja, tandis que le maïs demeure marginal.

La production de blé, toutes catégories confondues, est estimée à 3,20 millions de tonnes, contre 3 millions de tonnes en 2024/2025, soit une hausse de 7 %. Ce niveau dépasse également la moyenne des dix dernières années, établie à 3,08 millions de tonnes. L’orge affiche une progression plus marquée, avec 1,35 million de tonnes attendues, contre 1,20 million un an auparavant, soit une hausse de 13 %. Le volume prévu est également supérieur à la moyenne décennale de 1,26 million de tonnes. Cette amélioration s’accompagne d’un gain de productivité.
Le rendement moyen de l’orge est estimé à 1,3171 tonne par hectare, contre 1,1707 tonne en 2024/2025 et une moyenne décennale de 1,2674 tonne. Les superficies récoltées atteignent, pour leur part, 1,8 million d’hectares pour le blé et un million d’hectares pour l’orge. L’avoine occupe 80 000 hectares, pour une production estimée à 105 000 tonnes, stable sur un an. L’une des évolutions les plus significatives concerne toutefois le soja.
La production de tourteaux de soja devrait atteindre 1,74 million de tonnes en 2025/2026, contre 1,29 million de tonnes lors de la campagne précédente, soit une progression de 35 %. Elle est ainsi plus de deux fois supérieure à la moyenne des dix dernières années, estimée à 758 600 tonnes. La production d’huile de soja suit la même tendance, avec 401 000 tonnes attendues, contre 297 000 tonnes en 2024/2025, soit également une hausse de 35 %. Ce volume dépasse largement la moyenne décennale, établie à 175 100 tonnes.
Cette progression simultanée des tourteaux et de l’huile de soja constitue un indicateur de la montée en puissance de la trituration des graines oléagineuses en Algérie. Elle témoigne du développement des capacités de transformation des matières premières agricoles et du renforcement de l’intégration de la chaîne agroalimentaire. Les tourteaux répondent notamment aux besoins de l’alimentation animale, tandis que l’huile est destinée à la consommation. Le maïs présente une situation nettement différente. Sa production est estimée à seulement 12 000 tonnes en 2025/2026, un niveau inchangé par rapport à la campagne précédente et représentant 0,001 % de la production mondiale.
Les superficies récoltées sont évaluées à seulement 2 000 hectares, contre 1,8 million pour le blé et un million pour l’orge. Ces chiffres confirment donc le poids encore limité du maïs dans le système agricole algérien, malgré son importance pour l’alimentation animale et les échanges agricoles internationaux. L’huile d’olive constitue un autre élément notable de cette photographie. Sa production devrait atteindre 76 000 tonnes en 2025/2026, contre 85 000 tonnes un an auparavant, soit un recul de 11 %. Malgré cette baisse, l’Algérie représente environ 2,32 % de la production mondiale d’huile d’olive, selon l’USDA.
Dans son ensemble, l’analyse américaine fait ressortir des trajectoires contrastées. Le blé et l’orge progressent, tandis que les produits issus du soja enregistrent une forte accélération, révélatrice du développement de la transformation agro-industrielle. À l’inverse, le maïs reste marginal et l’huile d’olive recule après une campagne précédente plus favorable. Les données de l’USDA mettent ainsi en évidence une agriculture algérienne dont les équilibres évoluent, avec une double dynamique : renforcer la production céréalière et développer les capacités de transformation. L’essor des produits issus du soja apparaît, à cet égard, comme l’un des principaux faits marquants de la campagne 2025/2026.
Synthèse S. R.
