Pétrole et gaz : L’Algérie retrouve son élan
Portée par la remontée progressive de sa production pétrolière et par le renforcement de ses exportations gazières vers l’Europe, l’Algérie confirme son retour en force sur les marchés énergétiques internationaux. En mai 2026, le pays a enregistré son plus haut niveau de production de pétrole depuis plus de trois ans tout en retrouvant sa place de premier fournisseur de gaz de l’Espagne. Avec une production de pétrole brut portée à 982 000 barils par jour (bpj) et des exportations gazières représentant plus de 42 % des approvisionnements espagnols, l’Algérie signe une double performance qui illustre la vitalité de son secteur énergétique et conforte son rôle stratégique dans l’approvisionnement des marchés méditerranéens et européens.

L’Algérie confirme ainsi, mois après mois, son regain de dynamisme sur la scène énergétique internationale. Selon les dernières données publiées par la plateforme spécialisée « Attaqa.net », la production nationale de pétrole brut a atteint 982 000 barils par jour en mai 2026, soit une hausse de 1 000 barils par jour par rapport au mois précédent. Ce niveau constitue le volume le plus élevé enregistré depuis avril 2023, lorsque la production nationale avait dépassé le seuil de 1,01 million de barils par jour.
Cette progression intervient dans un contexte marqué par une baisse globale de la production de l’alliance OPEP+, dont le volume est passé de 33,31 à 33,13 millions de barils par jour entre avril et mai. Alors que plusieurs producteurs ont vu leur production reculer, à l’image de l’Iran qui a enregistré la plus forte baisse au sein de l’alliance, l’Algérie poursuit sa trajectoire ascendante et se rapproche progressivement du seuil symbolique du million de barils par jour.
Cette évolution s’inscrit dans le cadre du calendrier de réintroduction progressive des volumes décidé par les pays de l’OPEP+. Membre actif de l’organisation, l’Algérie participe depuis plusieurs mois au processus de suppression graduelle des réductions volontaires de production mises en place afin de soutenir l’équilibre du marché pétrolier mondial. Les perspectives à court terme confirment cette dynamique. Les prévisions tablent sur une production de 989 000 barils par jour en juin, puis de 995 000 barils par jour en juillet 2026. Si cette tendance se maintient, le pays retrouvera dans les prochains mois des niveaux de production proches de ceux observés avant les réductions décidées par l’alliance pétrolière.
Cette embellie du secteur pétrolier s’accompagne d’une consolidation de la position algérienne sur le marché gazier européen. Les dernières statistiques publiées par « Attaqa.net » montrent que l’Algérie a retrouvé en mai 2026 son statut de premier fournisseur de gaz de l’Espagne, devant les États-Unis. Les exportations algériennes vers le marché espagnol ont atteint 13,37 térawattheures (TWh), soit 42,6 % de l’ensemble des approvisionnements gaziers du pays ibérique. Cette performance marque un net redressement après plusieurs mois de recul et contraste avec les volumes exportés à la même période de l’année précédente, qui ne dépassaient pas 8,14 TWh.
Cette progression s’explique notamment par la forte contribution des livraisons acheminées via le gazoduc Medgaz, qui ont atteint 10,37 TWh, mais également par le retour des expéditions de gaz naturel liquéfié (GNL). Les cargaisons algériennes de GNL ont représenté 3,002 TWh en mai, renouant avec une dynamique plus soutenue après plusieurs interruptions observées au cours des derniers mois.
Le renforcement de la présence algérienne intervient alors que le marché espagnol connaît une reprise de ses importations de gaz. Après avoir atteint leur plus faible niveau de l’année en avril, les achats espagnols ont progressé de 9,3 % pour atteindre 31,4 TWh en mai. Dans ce contexte, l’Algérie a repris l’avantage sur ses principaux concurrents. Les États-Unis, qui occupaient récemment la première place parmi les fournisseurs de l’Espagne, ont vu leurs exportations reculer fortement à 4,76 TWh, contre plus de 10 TWh le mois précédent. La Russie s’est, pour sa part, hissée au deuxième rang grâce à une forte augmentation de ses livraisons de GNL, totalisant 8,73 TWh.
Ces résultats témoignent du renforcement du rôle stratégique de l’Algérie dans la sécurité énergétique européenne. Grâce à l’importance de ses réserves, à ses capacités de production, à ses infrastructures de transport par gazoduc et à ses installations de liquéfaction, le pays figure parmi les rares fournisseurs capables d’assurer simultanément des livraisons de gaz par canalisation et sous forme de GNL vers les marchés européens.
L’évolution parallèle des exportations gazières et de la production pétrolière illustre ainsi la solidité du secteur énergétique national. Elle intervient dans un contexte où l’Europe poursuit la diversification de ses sources d’approvisionnement, tandis que les marchés demeurent exposés aux incertitudes géopolitiques et aux fluctuations de la demande mondiale. Pour l’Algérie, cette double performance contribue à renforcer les recettes du secteur des hydrocarbures et consolide sa position d’acteur majeur de l’équilibre énergétique en Méditerranée, à un moment où les enjeux de sécurité d’approvisionnement occupent une place centrale dans les stratégies énergétiques européennes.
Par Selma R.
