Le partenariat algéro-espagnol en plein essor
À l’occasion de la 57e foire internationale d’Alger (FIA), la participation de l’Espagne en invité d’honneur scelle le renouveau économique entre Alger et Madrid. Ce rendez-vous concrétise une volonté bilatérale de relancer un partenariat stratégique axé sur l’investissement, le transfert de compétences et la diversification de l’économie algérienne.
Qualifié de « signal politique fort », le choix de l’Espagne comme invité d’honneur de la FIA fait suite à la réactivation du Traité d’amitié entre les deux pays en mars 2026. Abdellah Seriai, président du Forum d’affaires algéro-espagnol, a rappelé sur les ondes de la « Chaîne III » de la Radio nationale que les signes de ce réchauffement étaient déjà visibles dès la fin 2024, s’intensifiant en 2025. Il a également souligné le soutien direct du chef de l’État : « Le président de la République a clairement encouragé les opérateurs économiques des deux pays à développer davantage de partenariats et à concrétiser des projets d’investissement communs ».
Dans cette nouvelle dynamique, plusieurs secteurs apparaissent comme particulièrement porteurs. L’agriculture, l’agroalimentaire et l’aquaculture figurent parmi les priorités identifiées par le Forum d’affaires algéro-espagnol. « L’Espagne dispose d’une expertise reconnue dans ces domaines. Notre objectif est de favoriser un partenariat gagnant-gagnant fondé sur le transfert de compétences et de technologies », a expliqué Abdellah Seriai. Cette orientation s’inscrit dans la stratégie algérienne visant à renforcer sa sécurité alimentaire et à développer des filières à forte valeur ajoutée.
Les énergies renouvelables représentent également un important levier de coopération. Fort de son potentiel solaire exceptionnel, notamment dans les régions du Sud, le marché algérien suscite un intérêt croissant auprès des entreprises espagnoles. Dans cette perspective, le Forum prévoit l’organisation de journées dédiées aux énergies renouvelables en septembre prochain afin de rapprocher les institutions et les opérateurs économiques des deux pays. L’industrie constitue un autre axe majeur de coopération. Le président du Forum estime que l’expérience espagnole dans la sous-traitance industrielle et les composants automobiles pourrait contribuer au développement d’un véritable tissu industriel local.
« L’industrie automobile ne se limite pas à l’assemblage. Elle repose sur un réseau dense de petites et moyennes entreprises produisant les pièces et équipements nécessaires », a-t-il indiqué, évoquant notamment les opportunités dans la fabrication de pare-brise, d’essuie-glaces ou encore de composants destinés aux véhicules.
Cette relance des relations économiques s’accompagne également d’une restructuration du Forum d’affaires algéro-espagnol, remis sur pied après plusieurs années de ralentissement liées à la pandémie et à diverses contraintes administratives. Désormais pleinement opérationnelle, l’organisation déploie une feuille de route axée sur l’accompagnement des investisseurs, l’organisation de rencontres B2B et la promotion des exportations algériennes vers le marché espagnol.
Par Selma R.
