17/06/2026
ACTUALITENATIONAL

Recul des incendies de forêt pour la deuxième année consécutive : Le dispositif de prévention porte ses fruits

L’Algérie enregistre une évolution encourageante dans la lutte contre les incendies de forêt. Après plusieurs années marquées par des sinistres dévastateurs ayant causé d’importantes pertes en couvert végétal et en biodiversité, les années 2024 et 2025 ont connu une baisse sensible du nombre d’incendies ainsi que des superficies parcourues par les flammes. Une amélioration que les responsables attribuent au renforcement du dispositif national de prévention, à la mobilisation des différents secteurs concernés et à l’introduction de nouvelles technologies de surveillance.

S’exprimant sur « la Chaîne I » de la Radio nationale à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la désertification, le sous-directeur chargé de la protection du patrimoine forestier à la Direction générale des forêts (DGF), Said Fritas, a confirmé cette tendance positive. « Les années 2024 et 2025 ont enregistré les niveaux d’incendies les plus faibles observés depuis longtemps, aussi bien en termes de nombre de feux que de superficies parcourues », a-t-il indiqué.

Ces résultats interviennent dans un contexte particulièrement complexe marqué par les effets grandissants des changements climatiques. Hausse des températures, sécheresses prolongées et épisodes météorologiques extrêmes augmentent en effet la vulnérabilité des espaces forestiers. Face à cette nouvelle réalité, les autorités ont progressivement abandonné une logique d’intervention centrée uniquement sur l’extinction des feux pour privilégier une approche fondée sur l’anticipation et la prévention. « Les changements climatiques ne nous permettent plus de lutter contre les incendies de forêt avec les méthodes classiques.

Notre stratégie est désormais avant tout préventive et anticipative », a souligné Said Fritas. Cette orientation s’est traduite par le renforcement de la coordination entre les différents acteurs concernés. Placée sous l’autorité du ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, la Commission nationale de protection des forêts réunit aujourd’hui treize départements ministériels ainsi que onze entreprises nationales dont les activités sont liées aux espaces forestiers. Cette organisation permet une meilleure préparation de la campagne estivale et une mobilisation plus rapide des moyens en cas de risque élevé.

Parmi les mesures adoptées figure l’avancement du lancement officiel de la campagne de prévention et de lutte contre les incendies au 1er mai, soit un mois plus tôt qu’auparavant. Une décision dictée par l’évolution du climat et par l’allongement des périodes de risque. Le responsable a rappelé que le plus important incendie enregistré l’année dernière s’était déclaré à la fin du mois d’octobre, illustrant les profondes mutations observées dans le comportement des feux de forêt. Sur le terrain, les moyens de surveillance ont été considérablement renforcés.

Le dispositif national s’appuie aujourd’hui sur 510 tours de guet réparties à travers les massifs forestiers, plus de 250 000 kilomètres de pistes forestières permettant un accès rapide aux zones sensibles ainsi qu’un réseau de points d’eau destinés à faciliter les opérations d’intervention. Des postes avancés mobiles ont également été déployés dans les régions les plus exposées afin de réduire les délais de réaction.

La modernisation des outils de prévention constitue un autre facteur ayant contribué à l’amélioration de la situation. En partenariat avec l’Office national de la météorologie, les services forestiers disposent désormais d’indicateurs permettant d’évaluer en temps réel la combustibilité du couvert végétal, l’humidité des sols et les conditions météorologiques favorables à la propagation des incendies. Le recours aux nouvelles technologies a également renforcé l’efficacité du dispositif.

Drones, caméras à longue portée, capteurs intelligents et plateformes numériques sont désormais mobilisés pour détecter rapidement les départs de feu. Said Fritas a notamment mis en avant les performances du drone algérien « Aurès 700 », développé localement et capable de fournir des images aériennes précises des zones à risque.

« Cette technologie nous permet d’obtenir une vision précise de la situation et d’améliorer à la fois la rapidité et l’efficacité des interventions », a-t-il expliqué. La réduction des incendies représente un enjeu environnemental majeur pour un pays dont le patrimoine forestier demeure relativement limité. Avec environ 4,1 millions d’hectares de forêts, soit à peine 2 % de la superficie nationale, chaque hectare préservé contribue à freiner les processus de dégradation des terres et de désertification.

Par Selma R.

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