Sonelgaz accélère son expansion continentale: L’ancrage énergétique de l’Algérie en Afrique consolidé
La stratégie énergétique déployée par l’Algérie en Afrique franchit une nouvelle étape avec la concrétisation de plusieurs projets structurants à travers le continent. Cette dynamique, portée par Sonelgaz internationale confirme l’ambition d’Alger de s’imposer comme un acteur majeur de la coopération énergétique africaine. Elle traduit également une vision fondée sur le renforcement de l’intégration régionale, la valorisation du savoir-faire national et l’accompagnement des pays partenaires dans leurs efforts de développement.
Cette montée en puissance de Sonelgaz en Afrique marque ainsi un tournant dans la diplomatie économique algérienne. Elle illustre la capacité du pays à faire de son expérience dans le domaine de l’électricité un levier de coopération, de développement partagé et d’influence à l’échelle continentale. Invité de la « Chaîne I » de la Radio nationale, le directeur de l’information et de la communication au ministère de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Khalil Hedna, a souligné que Sonelgaz Internationale est devenue « un véritable bras opérationnel de la diplomatie énergétique algérienne en Afrique », traduisant la volonté des pouvoirs publics de mettre l’expertise nationale au service du développement du continent.
Cette stratégie s’est notamment illustrée au Niger avec la réalisation, en seulement 70 jours, de la centrale électrique de Gorou Banda, près de Niamey. D’une capacité de 40 mégawatts, cette infrastructure couvre désormais près de 20 % des besoins du pays en électricité. L’intervention algérienne ne s’est toutefois pas limitée à la construction de la centrale. Elle comprend également la réhabilitation du réseau de distribution, la mise en place d’un futur centre logistique dédié aux pièces de rechange et aux équipements électriques, ainsi qu’un programme permanent de formation destiné aux cadres de la société nigérienne Nigelec.
Pour Khalil Hedna, cette approche intégrée constitue la véritable valeur ajoutée de Sonelgaz à l’international. « Nous ne nous contentons pas de livrer des infrastructures. Nous accompagnons nos partenaires dans le développement de leurs compétences et dans le renforcement de leurs capacités techniques », a-t-il expliqué.
Dans le prolongement de cette expérience réussie, le groupe public a lancé un nouveau projet d’envergure au Tchad. Sous la supervision des autorités algériennes et tchadiennes, la première pierre d’une centrale de 40 mégawatts a été posée dans la zone de Farcha, à N’Djamena. Réalisé sous forme de don de l’Algérie, ce projet est appelé à jouer un rôle déterminant dans l’amélioration de l’approvisionnement électrique de la capitale tchadienne. Selon les estimations présentées par Khalil Hedna, cette infrastructure permettra de résorber jusqu’à 80 % du déficit électrique de N’Djamena et de réduire les délestages de près de 40 %. « Il s’agit d’un projet à forte dimension solidaire qui reflète la profondeur des relations entre l’Algérie et les pays africains frères », a-t-il affirmé.
La présence de Sonelgaz sur le continent ne se limite cependant pas à ces deux réalisations. Le responsable a révélé que plusieurs pays africains ont officiellement sollicité l’expertise algérienne dans le domaine énergétique. Parmi eux figure le Mozambique, qui souhaite bénéficier d’un projet de centrale hybride accompagné de deux turbines à gaz et d’un programme de réhabilitation de son réseau électrique. La Côte d’Ivoire a également exprimé son intérêt pour la réalisation d’une centrale hybride et l’acquisition de turbines mobiles d’une capacité globale de 400 mégawatts. La République démocratique du Congo (RDC) a, elle aussi, manifesté sa volonté de développer une coopération avec Sonelgaz.
Cette demande croissante pour les solutions énergétiques algériennes repose sur une expertise désormais reconnue à l’échelle du continent. Elle s’appuie également sur un tissu industriel national capable de répondre aux besoins des marchés extérieurs tout en générant des retombées économiques importantes pour l’Algérie. Khalil Hedna a insisté sur cet aspect en soulignant que les projets réalisés à l’export reposent largement sur des équipements fabriqués localement.
Par S R.
