14/06/2026
ACTUALITEENERGIE

133,6 milliards DA alloués au ministère de l’Énergie dans le PLF 2026

Cap sur un mix énergétique renforcé par les EnR

Le ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal, a réaffirmé, lundi à Alger, la détermination du gouvernement à faire des énergies nouvelles et renouvelables un pilier central du futur énergétique national. S’exprimant devant la Commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale (APN), lors de l’examen du budget de son secteur inscrit au Projet de loi de finances (PLF) 2026, le ministre a souligné que le développement des énergies propres constitue une priorité stratégique pour l’État, visant à atteindre un mix énergétique équilibré et durable, mobilisant l’ensemble des ressources disponibles.

En présence de la ministre des Relations avec le Parlement, Nadjiba Djilali, et sous la présidence de Mohamed Benhachem, M. Adjal a précisé que « la nouvelle organisation du secteur permettra au ministère de concentrer ses efforts sur l’accélération de la réalisation des objectifs fixés ». Ces derniers reposent sur la diversification des ressources énergétiques et sur l’augmentation de la part des énergies renouvelables dans le bouquet national.

Le ministre a rappelé, à ce titre, le lancement du vaste programme de production de 15 000 MW d’énergies renouvelables à l’horizon 2035, dont la première phase, d’une capacité de 3 200 MW, est déjà en cours de mise en œuvre dans 14 wilayas. Cette première étape, a-t-il indiqué, s’accompagne de projets de raccordement des zones éloignées — notamment dans le Sud — au réseau électrique national, grâce à des centrales solaires photovoltaïques hors réseau et des systèmes autonomes.

Outre son impact environnemental, ce programme contribuera, selon M. Adjal, à économiser le gaz naturel, tout en créant une industrie nationale intégrée dans la chaîne de valeur des énergies renouvelables. Il soutiendra également la montée en puissance de l’hydrogène vert, stimulent les exportations d’électricité verte et réduira l’empreinte carbone du pays.

S’agissant des régions du Sud, le ministre a rappelé que l’État continue de soutenir les citoyens des wilayas du Sud et de trois wilayas des Hauts-Plateaux — Djelfa, El Bayadh et Naâma — à travers la subvention annuelle de la facture d’électricité, pour un montant dépassant  20 milliards de dinars par an. Ce mécanisme vise à atténuer les disparités régionales et à garantir un accès équitable à l’énergie. En ce qui concerne la transition énergétique, Il a rappelé que l’hydrogène, en est le vecteur d’avenir, et que la concrétisation de la stratégie nationale en la matière nécessite la mise en place d’un cadre réglementaire et institutionnel clair, la qualification du capital humain, le transfert technologique et la mobilisation de financements adaptés.

L’Algérie, a-t-il poursuivi, a déjà entamé la deuxième phase de mise en œuvre de sa feuille de route nationale, centrée sur des projets pilotes menés par Sonelgaz et Sonatrach. Des études de faisabilité technique et économique sont en cours pour évaluer le potentiel du pays dans la production d’ammoniac vert et de carburants alternatifs durables. Parmi les projets structurants, le ministre a évoqué le Corridor Sud pour le transport de l’hydrogène “SoutH2 Corridor”, qui reliera l’Algérie à l’Allemagne via l’Italie et l’Autriche. Un accord a été signé avec plusieurs compagnies européennes pour étudier les modalités de raccordement et de commercialisation de l’hydrogène algérien sur les marchés du nord de la Méditerranée.

Abordant la coopération régionale, M. Adjal a salué les efforts de Sonelgaz dans le renforcement des interconnexions électriques entre les différentes régions du pays, mais aussi avec plusieurs pays africains. L’objectif est de garantir la sécurité de l’approvisionnement, réduire les coûts et améliorer la stabilité du réseau national, tout en facilitant l’intégration progressive des énergies renouvelables.

Dans un contexte plus global, le ministre a souligné la volonté de l’Algérie de partager son expertise énergétique avec ses partenaires africains, à travers la réalisation conjointe de projets d’électricité, d’ingénierie, de développement et de fourniture d’équipements. Sonelgaz, a-t-il indiqué, a déjà exporté 2 663 GWh d’électricité ainsi que divers matériels vers la Tunisie, la Libye, l’Italie et l’Irak, pour une valeur globale de 38,87 milliards de dinars.

Concernant le budget du secteur pour l’exercice 2026, M. Adjal a annoncé une enveloppe globale de 133,6 milliards de dinars, destinée en priorité au raccordement en électricité et en gaz, à la promotion des énergies renouvelables, à la maîtrise de l’énergie et à l’accompagnement des nouvelles wilayas dans leur développement énergétique.

Cette enveloppe financière traduit la volonté des pouvoirs publics de faire de la transition énergétique un levier de croissance durable, tout en assurant un accès équitable à l’énergie sur l’ensemble du territoire.

Par Réda Hadi

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