Avec la domination quasi-totale du gaz naturel: Le mix électrique algérien face au défi de la diversification
Malgré les efforts engagés ces dernières années pour accélérer le développement des énergies renouvelables, le système électrique algérien demeure largement tributaire du gaz naturel. Cette ressource a assuré à elle seule 98,6 % de la production nationale d’électricité en 2024, confirmant sa position dominante dans le mix énergétique du pays.
Cette forte dépendance intervient alors que la demande nationale d’électricité poursuit sa progression. En 2024, la production totale d’électricité a atteint 96,4 térawattheures (TWh), contre 95,84 TWh en 2023, afin de répondre à une consommation intérieure estimée à 93,8 TWh, en légère hausse par rapport aux 93,4 TWh enregistrés l’année précédente. D’après un rapport publié par la plateforme spécialisée « Attaqa.net », ces chiffres traduisent la pression croissante exercée sur le système électrique national dans un contexte marqué par l’urbanisation, l’essor des activités économiques et l’augmentation des besoins énergétiques des ménages.
Le rapport souligne toutefois un indicateur encourageant en matière d’efficacité énergétique. Bien que la production électrique ait progressé, la consommation de gaz naturel dans les centrales électriques a reculé de manière significative, passant de 21,02 milliards de mètres cubes en 2023 à 18,86 milliards de mètres cubes en 2024. Cette évolution suggère une amélioration des performances des installations de production et une meilleure valorisation des ressources énergétiques mobilisées.
Dans le détail, le gaz naturel a généré près de 95 TWh d’électricité en 2024, contre 94,6 TWh une année auparavant. Le pétrole conserve une place marginale avec 0,34 % du mix électrique, soit environ 0,33 TWh, tandis que l’éolien et l’hydraulique représentent chacun seulement 0,02 % de la production nationale. Les combustibles fossiles dans leur ensemble ont ainsi assuré 98,94 % de l’électricité produite dans le pays, contre 99,04 % en 2023, ce qui témoigne d’une évolution encore limitée vers un modèle énergétique plus diversifié.
Le principal changement observé concerne le solaire, devenu la deuxième source d’électricité du pays. Sa contribution a atteint 1,03 % du mix électrique en 2024, portant la part globale des énergies propres à 1,07 %. Si cette progression demeure modeste, elle reflète néanmoins le début d’une transformation appelée à s’accélérer dans les prochaines années.
Cette dynamique est portée notamment par la mise en service récente des centrales solaires d’El Ghrous et de Tendla, dont la capacité combinée atteint 400 MW. Ces deux installations constituent les premières réalisations concrètes du programme national de développement des énergies renouvelables, dont la première phase prévoit l’installation de 3 200 MW de capacités solaires. À plus long terme, les autorités visent la mise en place de 15 000 MW de capacités renouvelables d’ici 2035, un objectif destiné à réduire progressivement la dépendance du pays au gaz naturel et à préserver davantage de volumes destinés à l’exportation.
Par S. R.
