Numérisation et transition énergétique: Lancement officiel du projet « DigiEnR »
Dans le cadre du partenariat énergétique algéro-allemand, l’ambassade d’Allemagne en Algérie a officiellement lancé le projet « DigiEnR », une initiative consacrée à la modernisation et à la numérisation du réseau électrique algérien. Financé par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) et mis en œuvre par l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ), ce programme vise à accompagner la transition énergétique de l’Algérie en favorisant l’émergence d’un système électrique plus moderne, plus flexible et plus durable.

Le lancement de ce projet intervient dans un contexte marqué par l’accélération des efforts nationaux en faveur de la diversification du mix énergétique. Grâce à l’un des potentiels solaires les plus importants au monde, estimé entre 2 000 et 3 900 heures d’ensoleillement par an, l’Algérie s’est fixée pour objectif d’atteindre 15 000 MW de capacités renouvelables à l’horizon 2035. Si 3 200 MW de projets solaires sont déjà en cours de développement sur le réseau à haute tension, l’intégration de 2 500 MW supplémentaires au niveau des réseaux de moyenne et basse tension constitue désormais un enjeu majeur. Pour relever ce défi, une modernisation approfondie des infrastructures électriques s’impose, de même qu’une adaptation du cadre réglementaire, normatif et technique afin de garantir une intégration sûre et efficace des énergies renouvelables. C’est dans cette perspective que s’inscrit le projet DigiEnR, dont l’ambition est de renforcer la capacité du réseau électrique national à accueillir une part croissante d’électricité verte grâce aux technologies numériques, à l’amélioration de la gestion des flux énergétiques et au renforcement de la sécurité des infrastructures.
Le projet repose sur trois axes stratégiques complémentaires. Le premier concerne l’accompagnement du ministère de l’Énergie et des Énergies renouvelables dans l’élaboration de réglementations adaptées à l’intégration des énergies renouvelables à travers les outils numériques. Le deuxième vise à apporter un appui technique à Sonelgaz afin d’optimiser la gestion et la planification des réseaux électriques intégrant plusieurs sources de production. Le troisième porte sur l’innovation, le transfert de savoir-faire et le développement des compétences à travers la mise en place de plateformes d’échange technologique et le renforcement des capacités des centres de formation du groupe Sonelgaz.
Dans ce cadre, plusieurs actions concrètes sont prévues, notamment l’analyse comparative des normes internationales applicables aux réseaux intelligents, la création d’outils d’évaluation des exigences numériques du système électrique, le perfectionnement des experts de Sonelgaz dans les domaines de la planification des réseaux multi-sources et de l’analyse des données, ainsi que l’élaboration d’un dispositif global de cybersécurité destiné à protéger les infrastructures critiques du secteur énergétique. Le développement du capital humain constitue également un pilier essentiel du programme. DigiEnR prévoit ainsi le renforcement de la formation initiale et continue dans les domaines de l’électrotechnique, des technologies de l’information et de la cybersécurité. Une attention particulière sera accordée à la promotion de la participation des femmes dans les métiers de l’énergie. Bien qu’elles représentent près de 60 % des diplômés des filières techniques universitaires, leur présence demeure encore limitée dans les entreprises du secteur. Le projet prévoit ainsi la mise en place d’un réseau de mentorat destiné à favoriser leur intégration et leur évolution professionnelle.
À l’horizon 2028, les promoteurs du programme tablent sur un renforcement significatif des compétences techniques des ingénieurs et des responsables du secteur, une amélioration de l’efficacité des institutions publiques grâce à l’intégration de solutions numériques et une consolidation des capacités des autorités à élaborer, suivre et actualiser les réglementations liées à la transition énergétique. Le projet devrait également jeter les bases nécessaires au déploiement à grande échelle d’innovations favorisant un approvisionnement électrique plus sûr, plus performant et plus respectueux de l’environnement.
La cérémonie de lancement s’est déroulée en présence de l’ambassadeur d’Allemagne en Algérie, Georg Felsheim, du secrétaire général du ministère de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Nabil Kafi, ainsi que de représentants de Sonelgaz, de la Commission de régulation de l’électricité et du gaz (CREG) et de la GIZ. Cet événement a mis en lumière la solidité de la coopération algéro-allemande dans les domaines de l’énergie, de l’innovation et du développement durable. Active en Algérie depuis le milieu des années 1970, la GIZ accompagne le pays dans plusieurs programmes liés à la diversification économique, à l’emploi des jeunes, à la formation, à la protection du climat et à la transition énergétique. Dans un contexte marqué par les défis de la croissance démographique, de la création d’emplois et du changement climatique, le projet DigiEnR illustre la volonté commune des deux pays de promouvoir un modèle de développement fondé sur l’innovation technologique, l’efficacité énergétique et la valorisation durable des ressources renouvelables.
Par Selma R.
