Changements climatiques: Une plateforme numérique pour anticiper les risques
Le ministère de l’Environnement et de la Qualité de la vie œuvre, en coordination avec le Haut-commissariat à la numérisation (HCN), à l’élaboration d’une plateforme numérique nationale d’alerte précoce et de surveillance des changements climatiques. L’objectif est de mieux anticiper les phénomènes extrêmes et de faire évoluer la gestion des risques d’une logique d’intervention après les catastrophes vers une approche fondée sur la prévention.
C’est ce qu’a indiqué, jeudi à Alger, la ministre de l’Environnement et de la Qualité de la vie, Kaouter Krikou, à l’occasion d’une journée de formation consacrée aux défis des changements climatiques. Le futur dispositif reposera sur la collecte et le traitement de données actualisées provenant de plusieurs secteurs, afin d’améliorer la capacité de prévision et d’identifier avec davantage de précision les risques climatiques et environnementaux.

Actuellement en cours de développement par le HCN, la plateforme est conçue comme un système intelligent de surveillance et d’alerte. Elle devra centraliser des informations issues de différents organismes et administrations, analyser l’évolution des indicateurs climatiques et environnementaux et établir une hiérarchisation des alertes selon leur niveau de gravité. Les informations seront ensuite transmises en temps opportun aux autorités et structures concernées pour leur permettre de prendre les mesures nécessaires avant que la situation ne s’aggrave.
Mme Krikou a souligné que cette initiative s’inscrivait dans le prolongement des mesures engagées ces dernières années dans le cadre du Plan national d’adaptation aux changements climatiques. Cette stratégie repose notamment sur le diagnostic de la situation climatique nationale, l’identification des secteurs vulnérables et la mise en œuvre de mesures destinées à renforcer la résilience du pays. Elle vise également à accélérer la transition vers une économie verte et bas-carbone, tout en consolidant le financement de l’action climatique, le transfert de technologies et le renforcement des compétences nationales.
La journée de formation, qui a réuni des représentants de plusieurs secteurs ministériels, des experts et des universitaires, intervient également dans le cadre des préparatifs de la participation de l’Algérie à la COP31, prévue en novembre prochain à Antalya, en Turquie. La rencontre a permis d’échanger sur les défis liés à l’adaptation et sur les mécanismes susceptibles de renforcer la coopération entre institutions nationales et partenaires internationaux.
Le rôle des corps de sécurité dans la protection de l’environnement a également été mis en avant. Le Commandement de la Gendarmerie nationale et la Direction générale de la Sûreté nationale sont notamment appelés à contribuer à la prévention des atteintes aux ressources naturelles, à travers le contrôle, la sensibilisation et la lutte contre les différentes formes de criminalité environnementale. La coordonnatrice résidente des Nations unies en Algérie, Savina Claudia Ammassari, a, pour sa part, salué les efforts consentis par l’Algérie en matière de protection de l’environnement et d’adaptation aux changements climatiques. Elle a notamment relevé les avancées réalisées dans le dessalement de l’eau de mer, devenu un axe important de la stratégie nationale de sécurisation des ressources hydriques, ainsi que le développement des start-up proposant des solutions innovantes face aux nouveaux défis climatiques.
L’expérience du Sultanat d’Oman a également été présentée lors de cette rencontre. Le président de l’Autorité de l’environnement, Abdullah Bin Ali Al Amri, a mis l’accent sur l’importance de la gouvernance, de la mobilisation des financements, du partenariat avec le secteur privé et du partage de données actualisées, notamment à travers la plateforme numérique « Manakh ». Les recommandations ayant sanctionné les travaux convergent ainsi vers une même priorité : renforcer la capacité de l’Algérie à anticiper plutôt qu’à subir.
Par Réda Hadi
