28/06/2026
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Investissement, innovation et diversification: Les nouveaux leviers de croissance de l’Algérie

L’Algérie poursuit son repositionnement économique avec une ambition clairement affichée : construire un modèle de croissance fondé sur la création de valeur, la diversification productive et le renforcement de l’attractivité du pays auprès des investisseurs nationaux et étrangers. Cette orientation stratégique a été au centre de la conférence économique organisée samedi en marge de la 57e édition de la Foire internationale d’Alger (FIA), sous le thème « Algérie : atouts, réformes et opportunités pour une économie génératrice de valeur ».

Présidée par la ministre du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national, Amel Abdellatif, cette rencontre, organisée en coordination avec le Conseil du renouveau économique algérien (CREA) et le groupe SAFEX, a réuni plusieurs acteurs institutionnels et économiques autour des perspectives de transformation de l’économie nationale. Les débats ont porté sur les réformes engagées, les opportunités d’investissement et les leviers nécessaires pour accélérer la transition vers une économie plus compétitive et plus intégrée aux chaînes de valeur mondiales.

Dans son intervention d’ouverture, Amel Abdellatif a rappelé que l’environnement économique international connaît de profondes mutations, marquées notamment par la recomposition des chaînes de production, l’évolution des échanges mondiaux et l’accélération de la transformation numérique. Face à ces changements, elle a estimé que l’Algérie a engagé « un vaste processus de réformes structurelles » visant à bâtir « une économie diversifiée, compétitive et créatrice de richesse ».

La ministre a souligné que cette nouvelle dynamique repose sur plusieurs axes complémentaires, notamment la consolidation du cadre juridique de l’investissement afin d’offrir plus de visibilité aux opérateurs économiques, la modernisation de l’administration à travers la numérisation des services publics, ainsi que la réforme des systèmes financier et fiscal pour renforcer la transparence et améliorer l’efficacité du climat des affaires

Elle a également insisté sur l’importance du développement du système national de qualité, de la généralisation progressive des moyens de paiement électronique et du soutien à l’innovation à travers l’accompagnement des start-ups. Selon elle, ces chantiers constituent des conditions essentielles pour favoriser l’émergence d’un tissu économique capable de produire plus de valeur ajoutée et de répondre aux exigences des marchés internationaux.

« L’objectif est de créer un environnement favorable à l’investissement, à l’innovation et à la production, en permettant aux opérateurs économiques de disposer d’un cadre stable et attractif », a-t-elle affirmé, mettant en avant la nécessité de poursuivre les efforts pour renforcer la compétitivité de l’économie nationale.

De son côté, le directeur général de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), Omar Rekkache, a mis l’accent sur l’importance des infrastructures comme facteur déterminant dans l’amélioration de l’attractivité économique du pays. « Les investissements publics réalisés ces dernières années ont permis de renforcer considérablement les capacités logistiques nationales, avec un réseau comprenant 36 aéroports, 45 ports dont 20 commerciaux, ainsi qu’un important maillage routier et ferroviaire reliant les zones de production aux plateformes d’exportation », a-t-il expliqué.

Pour le responsable de l’AAPI, ces infrastructures constituent un avantage stratégique pour les investisseurs, en facilitant la circulation des marchandises et en améliorant la connexion entre les différents pôles économiques du pays. Il a également mis en avant le rôle des trois corridors stratégiques reliant l’Algérie à sa profondeur africaine, considérés comme des axes majeurs pour renforcer l’intégration économique régionale et accéder aux marchés du continent.

Omar Rekkache a en outre évoqué l’importance de l’adéquation entre les besoins des entreprises et les compétences disponibles. Dans ce cadre, il a souligné la coordination permanente entre l’AAPI, le CREA et le secteur de la formation professionnelle afin d’adapter les programmes de formation aux exigences des investisseurs et aux besoins des nouveaux projets industriels.

353 projets d’investissement étrangers enregistrés, dont 146 IDE

Sur le volet des investissements étrangers, le directeur général de l’AAPI a présenté des résultats illustrant une évolution positive de l’intérêt porté au marché algérien. Il a indiqué que l’agence a enregistré 353 projets d’investissement étrangers, dont 146 investissements directs étrangers (IDE), avec un niveau de concrétisation jugé important pour plusieurs d’entre eux. Ces projets concernent principalement des secteurs considérés comme stratégiques pour la transformation économique du pays, à l’image des ressources minières, de l’agriculture et de la sécurité alimentaire, de l’industrie pharmaceutique, de la pétrochimie, de l’agroalimentaire ainsi que des services numériques.

Pour les responsables présents, cette orientation traduit une volonté de favoriser les investissements productifs capables de renforcer l’offre nationale, de réduire la dépendance aux importations et de soutenir l’exportation. « L’investissement doit aujourd’hui contribuer à la création de valeur, au transfert de technologie et au développement de filières compétitives », a indiqué Omar Rekkache, soulignant que l’Algérie dispose désormais de plusieurs atouts pour attirer des projets d’envergure.

Par Selma R.

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