L’Algérie retirée de la liste grise du GAFI
Le Groupe d’action financière (GAFI) a décidé, vendredi dernier, à l’unanimité, de retirer l’Algérie de sa liste grise des juridictions placées sous surveillance renforcée, à l’issue de sa réunion plénière tenue à Paris. Cette décision marque une étape importante pour le pays, en consacrant les progrès réalisés dans la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et, plus largement, la criminalité financière. Elle vient également renforcer la confiance des institutions internationales dans la solidité, la transparence et la résilience du système financier algérien.
Cette annonce est intervenue en présence d’une délégation algérienne de haut niveau conduite par le ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred, et le gouverneur de la Banque d’Algérie, Mohammed Lamine Lebbou. À cette occasion, les représentants des différentes juridictions membres du GAFI ont salué les efforts déployés par l’Algérie pour se conformer aux standards internationaux les plus exigeants en matière de gouvernance financière, de transparence et de contrôle des flux financiers. Ils ont également mis en avant la volonté politique affirmée des autorités algériennes d’engager des réformes structurelles profondes afin de renforcer l’intégrité du système financier national.
Le retrait de l’Algérie de cette liste constitue l’aboutissement d’un vaste programme de réformes engagé dès son inscription sur la liste grise en octobre 2024. Sous l’impulsion des plus hautes autorités du pays, un plan d’action a été rapidement mis en œuvre pour remédier aux insuffisances relevées par le GAFI.
Dans ce cadre, l’arsenal législatif et réglementaire a été considérablement renforcé, notamment à travers la révision de la loi relative à la prévention et à la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, l’élargissement des obligations de déclaration des bénéficiaires effectifs auprès du Centre national du registre du commerce (CNRC) ainsi que le renforcement des mécanismes de contrôle et de supervision exercés par la Banque d’Algérie sur les établissements bancaires et financiers, y compris Algérie Poste. Parallèlement, le ministère des Finances a intensifié les mesures de vigilance et de contrôle visant plusieurs professions assujetties, notamment les notaires, les experts-comptables et d’autres acteurs exposés aux risques de blanchiment de capitaux.
L’ensemble de ces actions a permis de répondre aux exigences formulées par le GAFI, qui a reconnu les progrès substantiels accomplis par l’Algérie ainsi que l’efficacité des dispositifs mis en place pour prévenir, détecter et sanctionner les infractions financières.
Cette décision devrait générer des retombées économiques significatives. La sortie de la liste grise permettra en effet de faciliter les transactions financières internationales en réduisant les procédures de contrôle renforcé qui pesaient sur les opérations bancaires et commerciales des entreprises algériennes. Elle contribuera également à améliorer les relations de correspondance bancaire avec les partenaires étrangers et à fluidifier les échanges commerciaux avec les marchés internationaux. Cette évolution constitue également un signal positif pour les investisseurs étrangers, qui accordent une importance particulière à la stabilité, à la transparence et à la conformité des systèmes financiers.
En renforçant la crédibilité du secteur bancaire national et en améliorant l’image de l’Algérie auprès des institutions financières mondiales, cette décision devrait favoriser l’attraction de nouveaux investissements et soutenir les efforts engagés dans le cadre de la diversification de l’économie nationale hors hydrocarbures. Plus largement, le retrait de la liste grise valide les réformes structurelles menées ces dernières années dans le domaine financier et confirme la capacité de l’Algérie à s’aligner sur les meilleures pratiques internationales.
Il ouvre ainsi la voie à une nouvelle phase de modernisation visant à consolider les acquis obtenus, à renforcer davantage la gouvernance financière et à positionner durablement l’Algérie comme une destination d’investissement crédible, compétitive et respectée à l’échelle régionale et internationale.
Par S. R.
