15/06/2026
NATIONAL

Régulation du commerce extérieur: De nouvelles mesures dès le 1er juillet

Une nouvelle phase de réforme du commerce extérieur s’ouvre en Algérie. À travers une série de mesures qui entreront en vigueur à partir du 1er juillet, les pouvoirs publics entendent renforcer la transparence des opérations d’exportation et d’importation, lutter contre les pratiques frauduleuses et protéger les intérêts économiques du pays. C’est ce qu’a affirmé Samir Derradji, directeur général de la promotion des exportations au ministère du Commerce extérieur, lors de son passage à la Radio algérienne.

Au-delà des dispositifs réglementaires annoncés, le responsable a insisté sur la transformation profonde de l’économie nationale, marquée par l’émergence d’une production locale de plus en plus compétitive et capable de répondre aussi bien aux besoins du marché intérieur qu’aux exigences des marchés internationaux.

Samir Derradji a d’abord mis en avant les progrès enregistrés dans plusieurs filières industrielles. Selon lui, les différents salons sectoriels organisés à travers le pays témoignent de la montée en puissance de l’industrie nationale.

Le Salon de l’ameublement, organisé du 13 au 16 juin, a constitué à cet égard une vitrine de la qualité du savoir-faire algérien. Plus d’une centaine d’opérateurs y ont exposé leurs produits, dont une vingtaine d’exportateurs réguliers présents sur plusieurs marchés étrangers.

Le responsable a souligné avoir été particulièrement impressionné par la qualité, la diversité et le design moderne des meubles fabriqués localement. Plus encore, la présence de producteurs de matières premières laisse entrevoir la perspective d’une intégration industrielle complète, allant de la fabrication des intrants jusqu’au produit fini.

Cette dynamique concerne également d’autres secteurs tels que le textile, l’agroalimentaire ou encore l’électroménager. Dans ce dernier domaine, les fabricants algériens affichent désormais des taux d’intégration dépassant parfois les 45 %, voire 60 % pour certaines productions, ce qui leur permet d’accéder aux marchés extérieurs.

Le directeur général de la promotion des exportations a indiqué que les producteurs nationaux sont aujourd’hui en mesure de satisfaire les besoins du marché local, notamment ceux des infrastructures hôtelières, tout en développant leurs exportations. Téléviseurs, petits équipements électroménagers ou gros appareils domestiques sont déjà exportés vers plusieurs destinations. Selon lui, les industriels disposent des capacités nécessaires pour adapter leurs produits aux exigences spécifiques des clients institutionnels.

Il s’est toutefois interrogé sur la persistance de certaines habitudes d’importation dans plusieurs secteurs, « Pendant des décennies, l’économie nationale a été largement orientée vers l’importation. Aujourd’hui, nous devons changer cette culture et faire davantage confiance au produit algérien », a-t-il souligné.

Fin de l’exemption des 100 000 dinars et de la sous-facturation

Sur le volet réglementaire, Samir Derradji a détaillé plusieurs mesures destinées à lutter contre les détournements constatés dans certaines opérations d’exportation.

La première concerne les produits frais et périssables. Jusqu’à présent, la réglementation permettait aux exportateurs de réaliser leurs expéditions avant d’effectuer les formalités de domiciliation bancaire, avec un délai de quinze jours pour régulariser leur situation.

Selon le responsable, de nombreux opérateurs profitaient de cette souplesse pour exporter sans revenir accomplir les formalités nécessaires. Désormais, tout exportateur devra présenter les justificatifs de domiciliation de l’opération précédente avant d’effectuer une nouvelle expédition. Une autre faille concernait les opérations dont la valeur est inférieure à 100 000 dinars, jusqu’ici exemptées de domiciliation bancaire.

Les enquêtes menées par les services compétents ont révélé que certains opérateurs fragmentaient volontairement d’importantes opérations commerciales en plusieurs expéditions de faible valeur afin d’échapper aux obligations de contrôle et de rapatriement des devises.

À partir du 1er juillet, ces exportations ne pourront être réalisées qu’après autorisation du ministère du Commerce extérieur, mettant ainsi fin à cette pratique assimilée à une forme de fuite de capitaux.

Le ministère s’attaque également à la sous-facturation des exportations, notamment lorsqu’elle est pratiquée par certains intermédiaires commerciaux. L’intervenant a expliqué que des traders exportaient parfois des produits algériens à des prix anormalement bas par rapport à leur valeur réelle, conservant ainsi à l’étranger une partie importante des recettes. Pour mettre un terme à ces pratiques, toute exportation réalisée par un intermédiaire devra désormais être accompagnée d’une validation du prix par le producteur lui-même. Enfin, le ministère du Commerce extérieur, en coordination avec le ministère du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national, met en place un nouveau dispositif de suivi des marchandises importées destinées à la revente en l’état. Les importateurs devront désormais présenter un plan détaillé indiquant les lieux de stockage, les réseaux de distribution et les destinations prévues pour les produits importés. Pour Samir Derradji, l’ensemble de ces réformes s’inscrit dans une stratégie globale d’assainissement du climat des affaires.

Par Réda Hadi

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