21/06/2026
ACTUALITENATIONAL

Sortie de l’Algérie de la liste grise du GAFI: Un signal fort pour les investisseurs

Le retrait de l’Algérie de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI) ouvre de nouvelles perspectives pour l’économie nationale. Cette décision constitue un signal fort adressé aux investisseurs, aux partenaires financiers internationaux et aux opérateurs économiques, en consacrant les progrès réalisés en matière de transparence financière, de lutte contre le blanchiment d’argent et de financement du terrorisme.

Ce nouveau statut représente désormais un atout supplémentaire pour l’Algérie dans sa stratégie visant à renforcer son intégration dans les circuits financiers internationaux et à soutenir la transformation de son économie. Invité de la « Chaîne III » de la Radio nationale, l’économiste, consultant et expert financier Idir Saci a souligné que cette sortie représente bien plus qu’une simple correction technique. Selon lui, « il s’agit d’un véritable passeport économique qui permet à l’Algérie d’améliorer sa crédibilité auprès des institutions financières internationales et des investisseurs étrangers ».

L’intégration de l’Algérie dans la liste grise en 2024 résultait d’un ensemble d’insuffisances identifiées dans le dispositif national de prévention et de contrôle. Parmi celles-ci figuraient la forte circulation de liquidités hors du circuit bancaire, certaines lacunes réglementaires concernant les obligations de conformité des établissements financiers, ainsi que des insuffisances dans l’application des procédures de connaissance du client et d’identification des bénéficiaires effectifs. Pour Idir Saci, ces insuffisances étaient davantage d’ordre technique et organisationnel que structurel. « Le classement de l’Algérie en zone grise ne signifiait pas l’existence d’un système financier défaillant, mais plutôt la nécessité de mettre à niveau certains mécanismes de contrôle et de conformité afin de les aligner sur les standards internationaux », a-t-il expliqué.

La rapidité avec laquelle l’Algérie a quitté cette liste témoigne de la mobilisation des pouvoirs publics et des différentes institutions concernées. Plusieurs réformes législatives et réglementaires ont été engagées dans des délais relativement courts, accompagnées d’un important travail de coordination entre la Banque d’Algérie, les banques commerciales, les autorités judiciaires et les services de contrôle. L’une des évolutions majeures a consisté à adopter une approche fondée sur les risques.

Cette méthode permet d’ajuster les dispositifs de surveillance en fonction du profil réel des clients et de la nature des opérations effectuées, évitant ainsi des restrictions excessives susceptibles de pénaliser l’activité économique ou de décourager la bancarisation. Selon l’expert financier, cette approche constitue « une avancée essentielle qui permet de concilier les exigences de conformité avec les impératifs de développement économique ». Il estime que l’objectif n’est pas de multiplier les contraintes administratives, mais de renforcer l’efficacité des contrôles tout en maintenant l’accès des citoyens et des entreprises aux services bancaires.

Les retombées positives de cette sortie devraient rapidement se faire sentir dans les relations financières internationales. Les établissements bancaires algériens pourront désormais évoluer dans un environnement plus favorable, marqué par une réduction des coûts de certaines opérations et une plus grande fluidité des transferts financiers transfrontaliers. « Lorsqu’un pays figure sur la liste grise, les institutions financières étrangères appliquent généralement des procédures de vigilance renforcée qui ralentissent les transactions et augmentent leurs coûts. Le retrait de cette liste améliore considérablement les conditions d’interaction avec les partenaires internationaux », a expliqué Idir Saci.

Cette évolution est également perçue comme un facteur susceptible de renforcer l’attractivité de l’Algérie auprès des investisseurs étrangers. Dans un contexte de diversification économique et de recherche de nouveaux partenariats industriels, la confiance joue un rôle déterminant dans les décisions d’investissement. Pour l’expert, « les investisseurs sérieux recherchent avant tout un environnement transparent, prévisible et conforme aux standards internationaux. La sortie de la liste grise envoie précisément ce message ».

Il ajoute que cette reconnaissance internationale permet également à l’Algérie de se prémunir contre le risque d’isolement financier qui pourrait résulter d’un maintien prolongé sous surveillance renforcée. Cette réussite ne doit pas être considérée comme une finalité. « La sortie de la liste grise n’est pas une ligne d’arrivée mais une ligne de départ », a affirmé Idir Saci, rappelant que les normes du GAFI continuent d’évoluer et que de nouvelles exigences sont déjà prévues dans le cadre des standards internationaux de 2026.

Par Reda H.

Publicité

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *