21/06/2026
ACTUNATIONAL

L’économiste Mustapha Mekideche l’a souligné: «Passer des subventions généralisées à un soutien ciblé»

L’Algérie devra engager, tôt ou tard, une réforme graduelle de son modèle de tarification énergétique afin de préserver ses équilibres financiers, garantir la sécurité énergétique du pays et maintenir ses capacités d’exportation. C’est le principal message délivré par l’économiste Mustapha Mekideche lors d’une conférence consacrée aux réformes tarifaires et à l’avenir du modèle national de consommation énergétique. Intitulée « Réformes tarifaires : quel modèle de consommation et de prix de l’énergie entre soutenabilité et accessibilité ? », son intervention a mis en lumière la nécessité de concilier deux impératifs souvent contradictoires : préserver le caractère social de l’accès à l’énergie tout en assurant la viabilité économique du système.

Pour Mustapha Mekideche, la hausse continue de la consommation intérieure et l’importance des subventions publiques imposent une réflexion approfondie sur le devenir du modèle énergétique national. L’expert rappelle que les prix de l’énergie ne peuvent être dissociés des volumes consommés et des capacités de production du pays. Dans un contexte où l’Algérie cherche à renforcer ses exportations d’hydrocarbures tout en développant son industrie, le maintien du statu quo pourrait accentuer la pression sur les finances publiques et réduire les marges de manœuvre économiques. Selon lui, les expériences internationales montrent que la plupart des pays producteurs ou consommateurs d’énergie ont engagé des réformes tarifaires afin d’encourager une utilisation plus rationnelle des ressources et de réduire les effets du gaspillage.

Au cœur de ses recommandations figure la transformation progressive du système actuel de soutien énergétique. « Le moment est venu de passer d’un système de subventions généralisées à un système de soutien ciblé et plus équitable », a-t-il affirmé.

Cette évolution devrait, selon lui, permettre de mieux protéger les ménages vulnérables tout en réduisant les transferts de rente dont bénéficient parfois des catégories moins exposées aux difficultés économiques. L’économiste recommande ainsi la mise en place de mécanismes de compensation directs sous forme de transferts monétaires ou de tarifs sociaux destinés aux ménages éligibles. L’objectif est de préserver l’accessibilité de l’énergie pour les populations les plus fragiles tout en donnant un signal économique favorisant une consommation plus rationnelle.

Mustapha Mekideche a estimé également nécessaire de réexaminer les conditions tarifaires accordées aux grands consommateurs de gaz naturel, notamment dans les secteurs industriels et pétrochimiques.  Conscient de la sensibilité sociale du dossier, Mustapha Mekideche a plaidé toutefois pour une démarche graduelle. « La réforme des politiques tarifaires doit être menée selon une approche globale, prudente, progressive mais déterminée », a-t-il recommandé, estimant qu’une telle transformation doit impérativement s’accompagner d’un large consensus social et politique afin d’éviter les tensions susceptibles d’émerger lors de l’ajustement des prix de l’énergie. 

Enfin, l’économiste a affirmé que la réforme des tarifs énergétiques n’est plus une option mais une nécessité stratégique pour garantir la sécurité énergétique du pays, préserver ses capacités d’exportation et financer la transition vers une économie plus diversifiée et plus compétitive.

 Z R.

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