Nouvelles règles du droit de change: La Banque d’Algérie rassure les citoyens
La Banque d’Algérie a récemment adressé une note aux établissements bancaires, précisant les nouvelles modalités d’octroi du droit de change pour les voyages à l’étranger. Conditionnant désormais ce droit à la détention d’un compte bancaire et au paiement du montant en dinars par des moyens scripturaux, ces mesures ont suscité interrogations et débats au sein de l’opinion publique. L’institution monétaire a toutefois tenu à souligner que ces ajustements visent avant tout à garantir que le droit de change profite réellement au voyageur, dans un cadre transparent et sécurisé.
Face aux interprétations parfois erronées et aux inquiétudes exprimées par certains citoyens, le vice-gouverneur de la Banque d’Algérie, Mohamed Benbahane, a apporté des clarifications détaillées, mettant l’accent sur le caractère organisationnel et protecteur de ces nouvelles procédures. S’exprimant sur la Chaîne I de la radio nationale, il a rappelé que l’augmentation substantielle du droit de change s’inscrit dans l’application directe des instructions du Président de la République, visant à permettre au citoyen algérien de voyager dans des conditions dignes. « Le relèvement du droit de change a été très important, puisqu’il est passé d’environ 95 à 100 euros à près de 750 euros, soit une multiplication par près de huit », a-t-il souligné, qualifiant cette décision de « courageuse » et porteuse d’un impact social réel.

Selon Mohamed Benbahane, la Banque d’Algérie, en sa qualité d’autorité de régulation du système monétaire et bancaire, a accompagné cette mesure dès son lancement en juillet dernier, en mobilisant l’ensemble des banques commerciales afin d’en assurer une application fluide au niveau des aéroports, des ports et des postes-frontières. Toutefois, après plusieurs mois de mise en œuvre, l’évaluation du dispositif a révélé l’apparition de pratiques jugées non conformes à l’esprit de la réforme. « Nous avons constaté des comportements non rationnels, avec l’intervention de tiers qui exploitaient ce droit, alors que la loi est claire : le droit de change est personnel et doit bénéficier exclusivement au voyageur », a-t-il expliqué.
C’est dans ce contexte qu’intervient la nouvelle note réglementaire, laquelle conditionne désormais l’octroi du droit de change à la détention d’un compte bancaire et au paiement du montant en dinars par des moyens scripturaux. Pour le vice-gouverneur, cette mesure ne constitue en aucun cas une restriction. « Il ne s’agit ni d’une sanction ni d’une exclusion. C’est une mesure d’organisation destinée à protéger le citoyen et à sécuriser l’opération », a-t-il affirmé, précisant que le recours aux chèques, aux cartes bancaires ou aux virements vise à éliminer les circuits informels et les intermédiaires illégaux.Mohamed Benbahane a également tenu à rassurer quant à l’accessibilité du système bancaire.
Il a rappelé que l’ouverture d’un compte est aujourd’hui largement facilitée, grâce à des procédures simplifiées et à un réseau bancaire dense comptant près de 1 800 agences réparties à travers le territoire national, y compris dans les zones éloignées et frontalières. « Ouvrir un compte bancaire n’est ni compliqué ni chronophage. Dans de nombreux cas, le compte peut être ouvert le jour même », a-t-il indiqué, soulignant que cette démarche constitue« la première étape vers la numérisation de l’économie ».
Le droit de change accordé au titre de l’année 2025 demeure valable sur une période d’un an
Abordant la question récurrente de l’usage du cash, le vice-gouverneur a insisté sur la complémentarité entre les paiements en espèces et les comptes bancaires. « L’ouverture d’un compte ne signifie pas l’abandon du cash. Les deux coexistent, mais le compte bancaire offre davantage de sécurité et protège le citoyen contre les risques liés aux faux billets ou aux pertes », a-t-il expliqué, ajoutant que l’État œuvre progressivement à la généralisation des paiements électroniques dans les commerces et les services. Concernant la validité du droit de change, Benbahane a tenu à lever toute ambiguïté.
Il a précisé que le droit de change accordé au titre de l’année 2025 demeure valable sur une période d’un an, allant de juillet 2025 à juillet 2026. « Contrairement à certaines rumeurs, ce droit ne s’arrête pas à la fin de l’année civile. Le citoyen dispose d’une année entière pour en bénéficier », a-t-il assuré, ajoutant que ceux n’ayant pas utilisé leur droit en 2025 peuvent encore le percevoir jusqu’à juillet 2026. Le responsable a enfin confirmé que les nouvelles règles s’appliquent également aux voyages religieux, notamment l’omra, considérée comme un voyage touristique.
La prochaine saison du hadj marquera, quant à elle, une étape supplémentaire dans la digitalisation des procédures. La bourse du hadj, fixée à 1 000 dollars par pèlerin, sera ainsi entièrement gérée via des comptes bancaires ou postaux, dans le cadre d’une opération « 100 % numérisée ».
Par M. A.
