Lancement effectif du portail national des services numériques: Une avancée majeure dans la modernisation de l’action publique
Lors du Conseil des ministres réuni hier dimanche, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a mis l’accent sur le lancement effectif du Portail national des services numériques, présenté comme un levier stratégique pour moderniser la gestion publique, rationaliser les dépenses et améliorer la qualité des services destinés aux citoyens. Cette initiative s’inscrit dans la dynamique de transformation numérique engagée par l’État et vise à renforcer l’efficacité de l’action publique grâce à une gestion fondée sur la donnée et l’interconnexion des systèmes.
Selon le communiqué du Conseil des ministres, le président de la République a souligné que ce portail vise à « améliorer la gestion, réduire les dépenses et accroître l’efficacité dans l’administration des affaires de l’État et des citoyens ».
Il a également insisté sur les retombées attendues en matière de simplification des procédures administratives et d’amélioration du quotidien des usagers. Dans ce cadre, le chef de l’État a chargé la Haut-commissaire à la numérisation avec rang de ministre d’élaborer la carte sociale nationale avant la prochaine rentrée sociale. Cette initiative s’inscrit dans la vision d’un État moderne doté d’un système numérique capable de renforcer la souveraineté nationale tout en luttant contre les différentes formes de fraude et de corruption.
Pour Souhil Guessoum, expert en numérique et président de la Confédération algérienne du patronat citoyen (CAPC), le lancement effectif de ce portail constitue une avancée majeure dans la modernisation de l’action publique. Il estime que cette plateforme doit fonctionner comme un véritable « guichet unique », accessible aussi bien depuis un ordinateur que depuis un smartphone, permettant aux citoyens et aux opérateurs économiques d’accéder à l’ensemble des services administratifs à partir d’un point d’entrée unique. Selon lui, cette approche contribuera à réduire la bureaucratie, à renforcer la transparence et à raccourcir les délais de traitement des dossiers.
« Le principe du guichet unique est aujourd’hui indispensable pour améliorer la relation entre l’administration, les citoyens et les entreprises », a-t-il souligné sur les ondes de la « Chaîne III » de la radio nationale. L’expert rappelle toutefois que la réussite du projet dépendra de l’interconnexion effective des différentes bases de données publiques. Bien que plusieurs administrations aient déjà engagé leur propre processus de numérisation, notamment dans les domaines de l’état civil, de la fiscalité ou de la sécurité sociale, ces systèmes demeurent souvent cloisonnés.
De son côté, l’expert en économie, Abderrahmane Hadef considère que ce portail est l’aboutissement d’un vaste chantier engagé depuis plusieurs années. « Ce portail est la partie visible de l’iceberg », a-t-il affirmé sur la « Chaîne I » de la radio nationale, expliquant qu’il repose sur une stratégie nationale de transformation numérique, un cadre législatif dédié, un centre national des données publiques, une infrastructure de cloud gouvernemental et un réseau sécurisé d’échange de données.
Selon lui, cette nouvelle architecture permettra de concrétiser le principe du « once only », grâce auquel le citoyen ne fournira ses informations qu’une seule fois, celles-ci étant ensuite partagées de manière sécurisée entre les différentes administrations. « Le citoyen pourra accéder aux services publics à distance et suivre l’avancement de ses dossiers dans un cadre plus transparent et plus efficace », a-t-il indiqué. Il estime également que l’interopérabilité des systèmes d’information contribuera à mettre fin au fonctionnement cloisonné des administrations et à renforcer la traçabilité des opérations, réduisant ainsi les risques de fraude et de corruption.
Concernant la future carte sociale nationale, Abderrahmane Hadef explique qu’elle reposera sur des enquêtes statistiques locales, des données administratives et des indicateurs sociaux précis. Cet outil permettra aux pouvoirs publics de disposer d’un véritable tableau de bord décisionnel afin de mieux cibler les politiques sociales et d’améliorer l’efficacité des mécanismes de soutien public.
Par Selma R.
